Journée d’étude de la FIPA

Problèmes actuels de la psychanalyse appliquée

Samedi 12 mars 2016 - 9h30-18h30 - Bordeaux

Dimanche 31 janvier 2016, par MB // Rencontres d’hier


La Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquée propose sa première journée d’étude le samedi 12 mars de 9h30 à 18h30 à Cenon près de Bordeaux :

Problèmes actuels

de la psychanalyse appliquée

matinée :
-  Querelle diagnostique ou phénomène clinique ?

après-midi :
-  Traitement bref : spécifique ou pas ?
-  Les parents, partenaires de l’expérience

NB : Des bibliographies sont téléchargeables (voir ci-dessous)

Cette journée sera suivie d’une Soirée-Concert avec Mademen à 20h30 au Château du Diable à Cenon - pour voir l’affiche »

Après-coup : la première journée FIPA

C’est sous un soleil printanier et dans une ambiance très conviviale, que nos collègues de Bordeaux nous accueillaient ce samedi 12 mars pour cette première journée de la Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquée. Cette jeune création, qui regroupe une trentaine d’associations, administrée par le Directoire de l’Ecole de la Cause Freudienne, a su avec brio démontrer l’efficacité de la psychanalyse au cours des traitements brefs qui sont spécifiques aux lieux que ces associations gèrent. Comme cela fut rappelé, le pari à relever est de taille dans notre monde moderne où les thérapies comportementalistes voudraient ravir la place sur le marché, au mépris du sujet, option que le Dr Knock lui-même vint nous démontrer dans un joyeux intermède qui ouvrait l’après-midi...

Alors à Bordeaux, nous étions invités à suivre les travaux d’une quinzaine de collègues, psychanalystes, qui ont déplié des cas de leur pratique au sein d’institutions telles que les CPCT1, les CLAP2, un CMPP, ou encore à ParADOxe, AREA Dijon3 Intervalle-CAP Paris. Derrière ces sigles un peu énigmatiques, s’est dévoilée avec un souci de clarté et de rigueur l’éthique de chaque praticien orienté par la psychanalyse : la gratuité et le traitement bref qui sont la règle dans ces lieux, ne cèdent en rien à la rigueur de l’écoute analytique et au désir de l’analyste qui en est la clé de voute. Car, comme le soulignait Patricia Bosquin à la Une de l’hebdo-Blog n°61, ces institutions, en prise avec le social « se distinguent pourtant de l’assistante sociale, du soin médical ou psychologique par l’orientation psychanalytique qui y prévaut, (....) distinctes des lieux d’écoute habituels, car elles ont le souci de se constituer en lieux de réponse pour chacun. » La tâche qui revient au psychanalyste est alors de « faire émerger un savoir insu au sujet et le désir d’en élucider les ressorts ou de parier sur l’invention d’un savoir inédit offrant au sujet désarrimé l’occasion d’un nouveau mode de nouage à l’Autre. Etre en prise directe sur le social, en opérant à partir du champ de la parole et du langage » ajoutait-elle.

La journée s’est déclinée sous différentes rubriques : « Querelle diagnostique, ou phénomène clinique ? », « Traitements brefs : spécifiques ou pas ? » et encore : « Les parents, partenaires de l’expérience ». À l’aune de Jacques Lacan dans sa « Question préliminaire à tout traitement possible de la psychose » déclinant avec humour la série des pères4, nous avons entendu au fil des cas une série de portraits de famille dont voici quelques moments : La question du sujet pour une jeune fille « sous le voile » qui oppose au père athée et raciste la voix douce et la conversion à l’islam, celle qui se « Cor(p)ée-lise » en « kiffant la K-pop », les parents d’un petit garçon de 6 ans qui veulent désespérément un autre enfant ... (que leur fils ?), l’enfant dit « capricieux » et le caprice de la mère, la mère-qui-n’aime-pas-son-fils, l’enfant agité, l’enfant insulté, l’enfant qui dit « je suis en colère » là où le père exaspéré dit « il s’incruste ! », les parents qui « dénoncent » l’enfant – différemment que d’exprimer une plainte –, le couple du père crispé et de la mère méfiante, celui de la mère douloureuse et du père du câlin, etc.

Ces portraits, loin de stigmatiser l’enfant et ses Autres, ont été délicatement avancés comme autant de noms pour la jouissance du sujet, avec le souci de « capter un symptôme et le décrire en quelques phrases » comme le rappelait Jacques-Alain Miller pour l’expérience des CPCT (cité par Paricia Bosquin Caroz dans sa Une).

Deux points au cours de cette journée auront tout particulièrement retenus mon attention, en écho à ce que l’expérience analytique m’enseigne :

- Le premier se situe autour de cette rencontre avec les tout-petits et leur famille, dans ces lieux de consultations enfants-parents où, comme le soulignait Daniel Roy, il est question de pouvoir s’inclure dans le noeud symptomatique de l’enfant et de son Autre, afin d’essayer une forme de séparation de ce qui revient à chacun. Tel ce petit Jean au CLAP Paris, dont Béatrice Gonzalès nous a parlé, qui pourra rectifier du haut de ses deux ans et demi que ce ne sont pas des bêtises qu’il fait, mais bien qu’il est « en colère ! »

- Mais aussi, la visée de s’emparer de ce qui fait à l’occasion embrouille et de l’élever à la dignité du symptôme en suscitant le désir du sujet, au cours d’un cycle plutôt court, m’a particulièrement enthousiasmée ; ne pas amener le sujet à trop creuser les phénomènes cliniques – comme cela a été souligné –, mais s’intéresser précisément aux réponses et aux solutions trouvées par lui. En effet, dans nos institutions – et je prendrai pour exemple un intersecteur de pédo-psychiatrie –, où l’affluence des demandes de jeunes sujets et de leur famille nous déborde bien souvent, pourrions-nous inventer de nouvelles réponses avec ce style rapide qui ne lâche néanmoins rien sur la rigueur d’un travail analytique ? Telle cette institution de la FIPA, AREA, qui annonce non sans humour qu’ici, on « règle un problème par un autre ! » comme le mettait en exergue d’un commentaire, Patricia Bosquin : au problème initial – une angoisse massive et invalidante par exemple –, se substitue quelque chose qui va faire symptôme et qui mobilise le désir du sujet, une maigreur excessive dans ce cas, qui empêche le sujet de travailler et qu’il va vouloir interroger.

Cette escapade à Bordeaux aura suscité pour moi-même le désir de mettre cela au travail dès mon retour, en partageant ces trouvailles avec mes collègues, au sein d’une institution où la psychanalyse sait trouver une place !

Laurence Morel, membre de l’ACF Normandie, psychologue
et responsable du lieu d’accueil enfants-parents
« Les petits pas » - membre de la FIPA - de Verneuil sur Avre,

Notes :
1 Centre Psychanalytique de Consultation et de Traitement.
2 Consultation Lieu d’Accueil Psychanalytique
3 Accueil Recherche Ecoute-Adolescents
4Jacques Lacan, Ecrits, « D’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose », page 578

Samedi 12 mars de 9h30 à 18h30.

Le Rocher de Palmer – 1 rue Aristide Briand – 33150 Cenon
Consulter le plan d’accès »

- Inscription individuelle : 60 euros,
sur le site de l’Ecole de la Cause Freudienne
(paiement par carte bancaire uniquement)

- Inscription au titre d’une formation : 150 euros
Prise en charge par votre employeur au titre de la formation permanente
Bulletin d’inscription à télécharger et et à adresser à
UFORCA pour UPJL
Secrétariat général
15 Place Charles Gruet
33000 Bordeaux.

Renseignements : 01 45 49 02 68

PROGRAMME

-  9h – ACCUEIL

-  9h30 – OUVERTURE : Patricia Bosquin-Caroz et Philippe La Sagna

MATINÉE

Querelle diagnostique ou phénomène clinique ?

Présidents de séance : Patricia Bosquin-Caroz et Jacques-Alain Miller

-  9h45 – 10h45
Sylvain Macalli (CPCT Bordeaux) Kiffer la K-pop
Sylvie Goumet (CPCT Marseille) Une femme, l’autre

-  10h45– 11h45
Séverine Buvat (CPCT Nantes) Le poids d’un regard
Assia Gouasmi-Chikhi (Intervalle-CAP Paris) Un signal dans le corps

-  11h45 – 12h45
Juliette Parchliniak (CPCT Bruxelles) Excès de zèle
Adélaïde Ortega (ARÉA Dijon) Sous le voile

12h45 – 14h15 : BUFFET SUR PLACE

14h15 – La dame en noir , intermède théâtral

APRÈS-MIDI

Traitement bref : spécifique ou pas ?

Présidents de séance : Lilia Mahjoub et Philippe La Sagna



-  14h30 – 15h30
Dominique Carpentier (CMPP Laval) Je suis le roi
Dominique Corpelet (ParADOxes Paris) Régler son mal être

-  15h30 – 16h30
Ricardo Schabelman (CPCT Paris) Solitude
Jeanne Meiser (CPCT Lyon) Une règle floue

Les parents, partenaires de l’expérience

Présidents de séance : Daniel Roy et Éric Zuliani

-  16h30 – 17h30
Frank Rollier (CPCT Antibes) Vache à lait
Marjolaine Mollé (CPCT Rennes) Petits réglages

-  17h30 – 18h30
Beatriz Gonzalez-Renou (CLAP Paris) Partenariat paradoxal
Maryse Roy (CLAP Bordeaux) Se détacher

18h30 – CONCLUSION : Christiane Alberti

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• Querelle diagnostique ou phénomène clinique ?

• Traitement bref : spécifique ou pas ?

• Les parents, partenaires de l’expérience

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Qu’est-ce que la FIPA ?

La Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquée - FIPA - est née à Paris le 28 mars 2015, après trois années de work in progress à l’initiative du Directoire de l’Ecole de la Cause Freudienne (ECF) avec la participation de Jacques-Alain Miller. Elle regroupe les Centres psychanalytiques de Consultations et Traitement (CPCT) et les associations cliniques apparentées.

La FIPA est une association française à but non lucratif, selon la loi de 1901, dont le siège est à Paris (1, rue Huysmans) et qui a pour objet de coordonner des institutions cliniques orientées par l’enseignement de Lacan, en France et en Belgique francophone. Elle est administrée par le Directoire de l’ECF qui en est son bureau.

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