Colloque organisé par l’Université de Rouen, Laboratoire CORPUS

Lacan et les mathématiques

9 et 10 février 2011 — Université de Rouen (76)

Vendredi 10 décembre 2010, par BB // Evènements d’hier


Si Freud ne paraît pas avoir accordé aux mathématiques une place centrale dans sa découverte de la psychanalyse, il en va autrement de la lecture de Freud par Lacan qui n’hésite pas dans son Séminaire XX le 20 novembre 1973 à parler de la « mathématique de Freud ».

Du calcul infinitésimal, de l’arithmétique des séries et des suites, de l’algèbre, du calcul des probabilités, de la topologie, de la théorie des jeux, de la théorie des ensembles, des espaces vectoriels, de la nodologie enfin, Lacan fait des mathématiques un usage autre que métaphorique. Il indique par exemple dans l’Etourdit : « la topologie n’est pas une métaphore ; elle représente une structure. C’est la chose elle-même ».

C’est donc à une nouvelle esthétique transcendantale que Lacan convie son lecteur, ce qui situe un premier enjeu du sujet dans le champ de la philosophie de la connaissance. La psychanalyse relève en effet d’un mode de construction très voisin de celui des mathématiques dans ses rapports à l’expérience et à ses objets, paraissant beaucoup s’écarter de l’empiricité qu’elle sert le plus.

Le désir s’énonce mieux en caractères mathématiques que dans les termes réflexifs du langage ordinaire ou philosophique. Les signifiants du désir ne sont pas une expression référentielle, ils en sont la structure, le mode de fonctionnement. Ainsi, « sans une topologie, au sens mathématique du terme, il est impossible de seulement noter la structure d’un symptôme au sens analytique du terme » indique-t-il dans ses Ecrits, p. 689. Un second enjeu se dégage donc, clinique cette fois, qui porte sur la méthode de (re)levé(e) des symptômes.

Dès lors, si les mathématiques permettent de discerner la structure désir, et la position du sujet à son endroit, un nouvel enjeu se dégage, entre éthique et mathématique puisque chez Lacan l’éthique est une éthique du désir.

A cet égard, il sera également intéressant de s’interroger sur l’apport mathématique dans la clinique de la perversion et de la psychose, où la lettre aussi bien que le chiffre ont pu constituer des suppléances pour qui parvient à s’y accrocher.

Enfin, si la contribution des mathématiques à la psychanalyse constituera le thème central des journées, l’envers de la question, à savoir la contribution éventuelle de la psychanalyse aux mathématiques pourra également être interrogée.

Mercredi 9 et jeudi 10 février 2011, de 9 h à 19 h. L’entrée est libre, mais il est fortement conseillé de s’inscrire, car le nombre de places est limité.

Maison de l’Université, Campus de Mont-Saint-Aignan (76), Salle divisible Nord Dernière minute : Amphi Axelrad.

Contacts et réservation : Jean-Pierre Cléro ou Florence Even, département de philosophie.



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