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Publié le jeudi 12 mai 2022

Vers le colloque de l’ACF en Normandie...

Newsletter #1 - « Paroles ... Paroles ... »

QUELLES PAROLES POUR QUELLE PRATIQUE ? Paroles standardisées, paroles inutiles et fécondes, parole impossible.








« Paroles ... Paroles ... »

Question à Marie-Claude Sureau, membre de l’ECF & ACF, Analyste de l’École en exercice


A l’occasion de ce colloque, l’équipe qui le prépare questionne la problématique de la parole : Devrait-elle aujourd’hui devenir une « valeur1 », standardisée ? Ou bien, comme le chante de célèbres voix, ne sont-ce là que mots vides comme ces promesses d’amour non tenues ? Ou au contraire, peut-on avec la psychanalyse faire un usage de la parole comme « inutile et fécond » ?


« La psychanalyse est une expérience de parole. »
Marie-Claude Sureau


Cette affirmation de J-A Miller2 nous fait entendre que faire une psychanalyse c’est d’abord faire une expérience de parole. Lacan après Freud nous a appris à distinguer l’énoncé c’est-à-dire « ce qui se dit » de l’énonciation, qui est le dire, qui lui est du registre de ce qui s’entend au-delà de l’énoncé. Le dire ne coïncide pas toujours avec l’énoncé comme en témoignent spécialement les lapsus qui viennent corriger l’énoncé, le démentir ou faire entendre une autre chaine associative que celle du dit.

Les prochaines journées de l’ECF qui auront lieu les 19 et 20 novembre 2022 dont l’intitulé est : « Je suis ce que je dis, dénis contemporains de l’inconscient », vont mettre au travail ce que l’époque actuelle tend à faire coïncider : énoncé et énonciation. L’être, c’est-à-dire le « je suis » déclaratif se réduisant au seul dit « ce que je dis ».
Ne rien vouloir savoir de l’énonciation sous-jacente à l’énoncé n’est-il pas un
symptôme de notre moment civilisationnel actuel ? Nous l’apercevons par exemple dans la façon dont les enfants qui disent qu’ils sont transgenres sont entendus par certains de cette façon : je le dis, donc je le suis, donc mise en acte des protocoles requis de transformations sans plus interroger le dire sous-jacent.

Pour la psychanalyse ce qui se dit dans ce qui s’entend correspond au travail de déchiffrage du texte inconscient, cela ne doit pas laisser oublié l’acte du dire, l’acte de parole c’est ce que Lacan a formulé dans cette belle phrase en forme de nœud : « Qu’on dise reste oublié dans ce qui se dit dans ce qui s’entend » phrase extraite de son texte « L’étourdit » dans lequel il trace la perspective de son enseignement jusqu’à la problématique topologique en forme de nœud des registres de l’imaginaire, du symbolique et du réel. Il y a donc le mouvement d’entendre, du déchiffrage mais il s’agit de ne pas oublier que ce qui importe c’est l’acte de parole, que l’on dise, « qu’on dise » ! C’est le propre de l’être humain.

Le paradoxe de la fin de l’analyse c’est que dans une analyse une fois accomplis tous les tours du dit, ce qui apparaît c’est ce que Lacan a appelé « l’apparole » ce néologisme écrit la parole lestée de sa valeur de jouissance nouée à l’objet qui cause la jouissance fantasmatique, l’objet a, les objets pulsionnels, oral, anal, invoquant, scopique, rien, « apparole » objet prévalent de la jouissance du « parlêtre », de l’être parlant singulier à chacun, à chaque « parlêtre ». Lacan a forgé aussi ce terme de « parlêtre » qui noue être et parole car il n’y a d’être humain que de parole, l’être humain est parlé avant que de parler lui-même.

Nous aurons donc le temps le 4 juin de mettre au travail ces concepts dans la clinique qui nous ramènera à cette spécificité humaine de la parole, parole souvent méprisée, annulée, réduite à peu de poids dans certaines pratiques psychiatriques actuelles. Ainsi nous pourrons faire apercevoir que pour parler il y faut un corps vivant, et que donc « l’apparole » met aussi en jeu le corps qui n’est pas oublié dans nos pratiques guidées par la psychanalyse.

Notes :
1 Les passages entre guillemets renvoient à l’argument du colloque, écrit par Serge Dziomba, actuel délégué régional de l’ACF en Normandie.
2 Miller J-A., Comment finissent les analyses ?, Navarin Éditeur, p.34.


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Renseignements et inscriptions auprès de Laurence Morel :
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Pour préparer le colloque QUELLES PAROLES POUR QUELLE PRATIQUE ? Paroles standardisées, paroles inutiles et fécondes, parole impossible., on peut lire :
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