Antenne clinique – Session 2015-16

Séminaire théorique : Quelle place pour l’angoisse dans la clinique d’aujourd’hui ?

Mardi 25 août 2015, par MB // Session 2015-16


Quelle place pour l’angoisse

dans la clinique d’aujourd’hui ?


L’appareil sanitaire étatique, la psychiatrie et la psychologie dans le vent, nous fournissent des diagnostics : phobie sociale, attaque de panique, hyperactivités variées, « dys » de toutes les couleurs, « burn-out », stress post-traumatique, addiction généralisée, bipolarités, sans oublier l’omniprésente dépression.

Quid de l’orientation psychanalytique lacanienne face à ce fatras ?

Nous porterons cette année notre focale sur l’angoisse.

Selon Freud, cet affect que chacun de nous a appris à connaître par lui-même, résulte d’abord de l’accumulation de libido tenue à l’écart de son utilisation normale. Plus tard Freud formule que la transformation en angoisse est le destin de la libido frappée par le refoulement, l’affect attaché à la représentation refoulée est transformé en angoisse. Celle-ci est signal dans le moi de l’exigence pulsionnelle sur le fond de menace de castration. Les symptômes que sont la phobie, l’hystérie ou l’obsession, tendent à lier, enchaîner, voiler, l’angoisse.

Lacan consacrera une année de son Séminaire, le dixième, à L’angoisse1. Le point de départ est freudien, mais Lacan est déjà avancé dans son remaniement de la théorie freudienne et la construction d’un nouveau vocabulaire au cours des dix années précédentes. Le sujet du signifiant, du langage et de la parole, rencontre l’angoisse, cet affect qui ne trompe pas. Le sujet est étreint au plus intime de lui-même car, pour Lacan, l’angoisse est l’index de l’objet, l’objet radicalement perdu, de l’ordre de l’irréductible du réel, à concevoir comme un morceau chu du corps. Cet objet que Lacan a appelé a –façon de dire sans nom – est une pièce centrale dans l’élaboration du désir et de la jouissance.

Le conseil de Lacan aux praticiens de désangoisser le patient signifie viser la cause de l’angoisse par la mise en forme du symptôme, symptôme où s’articulent désir et jouissance.
L’angoisse est l’index de ce reste irréductible au signifiant qui ponctue la direction vers le réel de la pratique d’orientation lacanienne.


Note :
1 Lacan J., Le Séminaire, livre X, L’angoisse, Paris, Seuil, 2004.

Bibliographie :
Une bibliographie générale sera consultable prochainement. Chaque enseignant sera susceptible de donner des éléments supplémentaires.
Certains ouvrages sont consultables à la bibliothèque commune à l’Antenne clinique de Rouen et à l’ACF-Normandie au local des deux associations 48 rue de l’Abbé de l’Epée à Rouen.

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