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Publié le lundi 26 avril 2021

L’Edito de la déléguée régionale de l’ACF-Normandie

Calligraphies

Mai 2021

Avec le texte « Acte de fondation1 » - texte qui a été régulièrement édité dans l’annuaire des membres de l’école de la Cause freudienne avant de l’être dans les Autres Ecrits - Lacan fait circuler parmi les futurs membres de l’Ecole française de psychanalyse qui vient de se constituer en 1964, son programme institutionnel. Dès l’année suivante, le texte sera édité dans l’annuaire de 1965. Et l’école fondée se nomme dès lors Ecole Freudienne de Paris.
Dès la première phrase, « Je fonde… » Lacan articule cette fondation à un désir, le présentant par sa face obscure, comme lié à la fonction de la direction, qu’il nomme « titre ». Il déclare « assurer » cette fonction « pour les quatre ans qui viennent ».
Je lis ce texte qui structure le fonctionnement de l’institution « école de psychanalyse » comme lieu pour étudier la psychanalyse et qui met aux commandes le désir de ce qui deviendra peu après le désir du psychanalyste, comme ce qui m’écarte de penser qu’il s’agit d’une fonction au sens commun du terme.
Je mesure, au mitan de la deuxième année de la délégation, le chemin parcouru avant de saisir que mon désir était impliqué dans ma réponse enthousiaste : « oui ! », et que ma croyance dans « la fonction » n’était que poids de fantasme qui a rendu les premiers temps d’exercice angoissés.
A vrai dire, l’épidémie et ses conséquences ne m’ont pas laissé trop le choix !
Le « trop tard ! » qui venait d’abord, fait de regrets de n’avoir pas osé, avant, dire oui ou même me proposer, s’est renversé en « devoir », ce à quoi je m’étais engagée : comme je pourrais, faire tenir cet objet institution à animer, « organisme » dit Lacan. Oui, dans le paragraphe suivant Lacan ne mentionne pas le désir, le mot apparait plus bas. Celui qui apparait c’est « devoir », appliqué à la psychanalyse elle-même. « Ce titre dans mon intention représente l’organisme où doit s’accomplir un travail (…) qui ramène la praxis originale que (Freud) a institué sous le nom de psychanalyse dans le devoir qui lui revient en notre monde (…) ».
C’est cette forme solide du désir qui me pousse gaiement au travail aussi bien parmi les membres de l’ACF, que de ce qui fait par ailleurs des occupations professionnelles. Et voilà la conséquence inattendue : je commence à élaborer ce que j’ai envie de travailler, dès la nouvelle année 2022. C’est nouveau, au sens où j’avais oublié que cela pouvait être pour moi.

Notre Actualité :

JPEGAujourd’hui je peux presque vous assurer, mais les lecteurs de Psychanalyse On Line attentifs le savent, et ceux qui lisent Préliminaires sur le site aussi, que le Colloque de l’ACF, Actualité de la Causalité psychique - Que devient la folie dans nos pratiques ? prévu au Havre le samedi 29 Mai devrait se tenir, si les prévisions gouvernementales ne changent pas, en présence. Il est donc prévu des inscriptions sur place à partir de 9h. Bien sûr, s’il y a nécessité, nous avons un plan B.
Il accueillera la participation du Dr Fabien Grasser psychiatre qui a participé à la direction de différentes institutions, l’une dans le service public, car il fut chef de service de l’Unité Clinique Jacques Lacan à l’hôpital de Yerres, l’autre d’initiative associative, le CPCT - Paris, pionnier du genre. Il y aura aussi les travaux de nos collègues qui ont répondu avec enthousiasme et efficacité à l’appel à contribution. C’est une grande joie pour moi de participer à cette réunion.
Les inscriptions pour ce colloque, qui se tient avec la participation de l’UFORCA Antenne clinique de Rouen, peuvent aussi être validées via la formation permanente. Les modalités sont sur le site, à la page dédiée au Colloque. Vous pouvez aussi nous écrire vos questions, soit auprès de J.-L. Woerlé -envoyer un mail- ou de moi-même - envoyer un mail.

Nous préparons aussi une soirée pour introduire la rencontre PIPOL qui aura lieu à Bruxelles au début de juillet. Le thème est « vouloir un enfant ». Mais oui, vouloir est-il l’expression d’un désir ? Freud n’est pas affirmatif à ce propos, et le désir qui s’exprime dans le rêve lui-même nous enseigne que le vouloir n’est pas sans mélange. Et que se passe-t-il lorsque le désir trouve son objet ? Que devient-il ? Quelles transformations subit-il ?
Réservez votre soirée du 9 juin !

La perspective des journées de l’ECF, Ecole de la Cause freudienne, se dessine aussi pour la rentrée. L’argument annonce dès la première ligne « la fin de la norme mâle » ! En effet, mais l’orientation lacanienne nous donne des perspectives sur l’au-delà de la jouissance « nor-mâle » et la « levée du voile » sur le fameux « primat freudien du phallus ».
N’hésitez pas à nous adresser vos questionnements, envies de travail, de lectures.
Chaque membre du bureau, ou du comité régional, ou responsable de bureau de ville est disponible.

A propos de lecture, l’année Flaubert s’approche. Elle démarre maintenant ! J’apprécie beaucoup personnellement le côté décapant de l’effort du grand écrivain qui travaille, rature, jusqu’à trouver l’expression juste, les mots qui se font écho, ou qui éveillent les sensations à propos de la situation qu’il décrit. Une façon de se colleter la « réalité » tout à fait passionnante et créatrice. Et puis cette façon, si loin de Céline dans la même tentative, de décrire au plus près de ce qu’il appelle « la réalité » de la misère humaine, qui fait oublier que c’est de la misère, et qui lui rend toute sa dignité d’humanité.
Nous constituons un cartel ou un groupe de travail, venez nous donner des pistes, votre force de réflexion, vos critiques !

Encore, la lecture de Lacan Quotidien et le débat à propos des avancées de l’indication chirurgicale de transformation du corps, vers des personnes mineures dont l’identité sexuée assignée par l’état civil, est source de symptômes ou de malaise. Cela pose question aux psychanalystes, en effet d’une façon plus large, comme des relations entre la psychanalyse et la médecine. Comment ne pas censurer ? Comment indiquer la prudence ? Comment rendre sensible le nécessaire chemin entre vouloir et désir, et la nécessaire acception des conséquences de ce que l’on a voulu ? Regardez la chaine de télévision LwT pour Lacan web Télévision. La question du « Vrai sexe » est dépliée précisément dans sa relation avec la psychanalyse.

Et du nouveau !
Au moment de mettre sous presse, euh, non, on ne met plus sous presse. Je mets « sous stress » mes chères et chers camarades de la diffusion et du site, l’expression la plus juste ! en rendant régulièrement ma copie en retard.
Mais c’est une nouvelle exceptionnelle qui m’enthousiasme : la décision prise par Jacques Alain Miller de vouloir publier l’intégralité des documents légués par Jacques Lacan.
D’évidence cela représente un gros investissement, en termes de travail, de logistique, ou de moyens financiers. Dès que nous aurons d’autres précisions je vous tiendrai au courant.

JPEGTout début juin, le premier juin, la première partie du séminaire Janus, Schmilblick, un lieu pour parler des pratiques se tiendra à la maison de la psychanalyse à Rouen.
Et le 12 Juin, nous verrons pour l’après midi de la Bibliothèque la psychanalyste Anaëlle Lebovits-Quenehen qui viendra animer une soirée autour de son livre « Actualité de la haine, une perspective psychanalytique . La préparation de cette soirée est très active, et promet un débat avec l’équipe de la bibliothèque.

Comme à la fin des épisodes de la série Les Shadoks je vous le dis : « c’est tout pour aujourd’hui ! ».

A bientôt, pour un mois de Juin déconfiné, en chair et en os, je le souhaite.

Bonnes lectures, bonnes participations, bonnes études.

Très cordialement,

Catherine Grosbois, Déléguée régionale de l’ACF en Normandie.

Note :
1J. Lacan, « Acte de fondation », Autres écrits, Le champ freudien, Seuil, 2001, p. 229.

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