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Publié le jeudi 22 décembre 2022

4e Journée d’étude de la FIPA

Comment améliorer la position du sujet - Effets analytiques, effets thérapeutiques

Samedi 1er avril 2023 -9h-18h - Marseille ou Visioconférence















La Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquée propose sa quatrième journée d’étude le samedi 1er avril de 9h à 18h à Marseille ou en visioconférence :

Comment améliorer la position du sujet

Effets analytiques, effets thérapeutiques



Dans son séminaire L’angoisse, Lacan remarque : « Il est bien certain que notre justification comme notre devoir est d’améliorer la position du sujet1. » Cette phrase, qui fait titre pour cette journée FIPA, vient couper court à des reproches venus de cliniciens déroutés par l’une de ses formulations antérieures datant de 1955 : dans la psychanalyse, la guérison vient « par surcroît2 ». Que n’avait-il pas dit ! N’était-ce pas là faire preuve de « dédain » pour celui dont nous avons la charge ?

Dans la médecine, l’amélioration de la position du patient fait de la guérison l’horizon à atteindre. Un « Ça va » est exigé, attestant que le statu quo ante a été obtenu. La guérison implique toujours ce retour à un point d’origine. La psychanalyse ne s’accommode pas de l’évidence empirique : la guérison, dit Lacan, est un concept « vacillant3 ». La mettre aux commandes dévoile vite, comme Freud l’avait repéré, une furor sanandi, un « abus du désir de guérir4 » qui risquent de sortir du champ de la psychanalyse l’expérience clinique engagée – sortie dont le clinicien serait responsable.

Doit-on en conclure une opposition, voire une exclusion, entre effets thérapeutiques et effets analytiques ? Nullement. Dans son séminaire « R.S.I. », Lacan note en effet : « Chacun sait que l’analyse a de bons effets, qui ne durent qu’un temps. Il n’empêche que c’est un répit, et que c’est mieux que de ne rien faire5. » Faudrait-il a contrario les confondre, assimiler effets thérapeutiques et nalytiques les uns aux autres ? Ce serait au détriment de la psychanalyse elle-même, ouvrant à sa disparition dans la masse informe des psychothérapies. Jacques-Alain Miller l’affirme avec force : « il ne faudrait pas que la psychanalyse, dans sa dimension ou son usage, son souci thérapeutique, fût attirée, chahutée, et même mortifiée, par cette espèce de non-psychanalyse que l’on décore du nom de psychothérapie. Ce qu’il faudrait, c’est que la psychanalyse appliquée à la thérapeutique reste psychanalytique et qu’elle soit sourcilleuse sur son identité psychanalytique6 » . C’est un enjeu majeur de la clinique actée dans les institutions de la FIPA.

L’expression psychanalyse appliquée à la thérapeutique7 noue autrement les effets thérapeutiques et les effets analytiques. La psychanalyse appliquée à la thérapeutique, « c’est la psychanalyse qui concerne le symptôme, la psychanalyse en tant qu’appliquée au symptôme8 ». Elle améliore certainement la position du sujet : elle calme, tempère, adoucit. La psychanalyse pure, c’est autre chose : c’est un « terme ultérieur » que Lacan n’aura eu de cesse de délinéer et dont la passe fait surgir les points vifs, propres à chacun, au-delà du principe de plaisir. C’est à partir de cette fin que l’entrée peut être repensée9. C’est à partir des effets psychanalytiques, et à partir d’eux seuls, que les effets thérapeutiques peuvent en retour être envisagés. Une telle orientation se distingue de toute velléité de réponse à l’Autre social, de ce « poison » qui envahit souvent les psychothérapies : répondre à une telle demande, ce n’est pas de la « psychanalyse appliquée à la thérapeutique, c’est de l’assistance sociale d’orientation lacanienne10 » , comme l’indique J.-A. Miller.

Dans son article « Psychothérapie et psychanalyse », il décrivait ainsi le nouage paradoxal des effets thérapeutiques et psychanalytiques : « Ce qui est thérapeutique dans l’opération analytique, c’est le désir. En un sens, le désir, c’est la santé. [...] Mais paradoxalement, le désir est en même temps ce qui est contraire à toute homéostase, au bien-être. Comment comprendre ce qu’est une thérapie qui ne conduit pas au bien-être11 ? »

Cet enjeu clinique est celui des institutions de la FIPA. Il appartiendra à cette Journée du 1er avril 2023, à partir de cas cliniques toujours singuliers, d’en produire la démonstration.


Notes :
1 Lacan J., Le Séminaire, livre X, L’angoisse, texte établi par J.-A. Miller, Paris Seuil, 2004, p. 70.
2 Lacan J., « Variantes de la cure-type », Écrits, Paris, Seuil, 1966, p. 324.
3 Ibid.
4 Ibid., & cf. Freud S., « “Psychanalyse” et “Théorie de la libido” », Résultats, idées, problèmes, tome II, Paris, PUF,
1985, p. 68-71.
5 Lacan J., Le Séminaire, livre XXII, « R.S.I. », leçon du 8 avril 1975, inédit.
6 Miller J.-A., « Psychanalyse pure, psychanalyse appliquée et psychothérapie », La Cause freudienne, n° 48, 2001, p. 8.
7 Cf. Lacan J., « Acte de fondation », Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 231.
8Miller J.-A., « Psychanalyse pure, psychanalyse appliquée et psychothérapie », op. cit., p. 23.
9 Cf. Lacan J., « Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École » Autres écrits, op. cit., p. 246.
10 Miller J.-A., « Interventions à Barcelone », Entretiens d’actualité, n° 33, 16 décembre 2008, publication en ligne de l’ECF.
11 Miller J.-A., « Psychothérapie et psychanalyse », La Cause freudienne, n° 22, 1992, p. 12.0.


Samedi 1er avril de 9h à 18h à Marseille ou en visioconférence.

City center Vieux-Port
Palais de la Bourse
2 rue Henri Barbusse
13001 Marseille
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- Inscription individuelle : 50 euros ; 25 euros pour les étudiants (moins de 28 ans , sur présentation d’un justificatif)

- L’inscription au titre de la formation médicale et de la formation continue sera bientôt ouverte.


Renseignements :
01 45 49 02 68
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Qu’est-ce que la FIPA ?

La Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquée - FIPA - est née à Paris le 28 mars 2015, après trois années de work in progress à l’initiative du Directoire de l’Ecole de la Cause Freudienne (ECF) avec la participation de Jacques-Alain Miller. Elle regroupe les Centres psychanalytiques de Consultations et Traitement (CPCT) et les associations cliniques apparentées.

La FIPA est une association française à but non lucratif, selon la loi de 1901, dont le siège est à Paris (1, rue Huysmans) et qui a pour objet de coordonner des institutions cliniques orientées par l’enseignement de Lacan, en France et en Belgique francophone. Elle est administrée par le Directoire de l’ECF qui en est son bureau.
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