Antenne clinique — Session 2010-11

Séminaire théorique : Ce qui affecte les corps

Thème de la session

Mercredi 6 octobre 2010, par BB // Session 2010-11


Dès les débuts de sa pratique, Freud a rencontré, avec les hystériques, les surprises du corps et ses symptômes ; défiant la doxa de son époque, il a avancé l’étiologie sexuelle. Le corps propre pris comme objet sexuel renvoie au terme de narcissisme introduit par Näcke et repris par Freud. Cependant Freud en renouvelle le concept en interrogeant le rapport entre narcissisme et auto-érotisme. Le fait qu’ils ne se confondent pas le conduit à poser l’existence d’une libido du moi et d’une libido d’objet qui confirme le dualisme pulsionnel : pulsions du moi et pulsions sexuelles. Parallèlement, ses avancées l’amènent à découvrir le rôle fondamental du complexe de castration dans la structuration du sujet, et dans cette perspective le phallus occupe une place pivot, mais le corps est également découpé par les pulsions partielles qui visent leur satisfaction propre.
Dès les années 1920, la découverte de la compulsion de répétition et de l’au-delà du principe de plaisir engage Freud à remanier le dualisme pulsions sexuelles - pulsions d’autoconservation. Il postule une imbrication pulsionnelle selon laquelle la pulsion de mort est impliquée dans le vivant. Freud appuie sa construction sur la clinique mais également sur les découvertes biologiques de son époque. Lacan relève cette biologie freudienne pour considérer que la pulsion est virtuellement pulsion de mort et subsumer le dernier dualisme pulsionnel freudien.

Le stade du miroir : cette observation du psychologue est élaborée par Lacan, la déhiscence de l’organisme prématuré du petit d’homme est anticipée dans une unité imaginaire jubilatoire. Cette unité fonde la méconnaissance du moi, renouvelant le narcissisme freudien.
La dimension symbolique, dominante pendant une période de l’enseignement de Lacan, est construite avec les apports de l’anthropologie et de la linguistique structuralistes. Le corps symbolique, de s’incorporer dans le vivant, entraîne sa mortification, une déperdition de jouissance. La jouissance phallique est située hors
corps. Les différentes élaborations de l’objet a s’y articulent et prétendent récupérer un reste de jouissance.
Ce que Jacques-Alain Miller a appelé le dernier enseignement de Lacan, débute avec Le Séminaire livre XX Encore.
La problématique du sujet du signifiant est transformée avec la jouissance du parlêtre. Le symptôme est événement de corps car la jouissance du symptôme est supportée par le corps vivant.
Avec son étude sur Joyce Lacan insiste : l’homme a un corps et non il est, ce qui le caractérise est d’avoir un corps et pas l’être. Et s’il en a un, il lui arrive de disposer de quelque autre, sans parvenir à le faire sien, évoquant ainsi l’absence de rapport sexuel.
Orientés par l’expérience transmise par Freud et Lacan, nous essayerons d’approcher, dans la série des cours, la diversité des phénomènes cliniques relevée par la formule lacanienne « le mystère du corps parlant ».

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