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Publié le mercredi 24 janvier 2018

Université Populaire Jacques-Lacan

IRONIK ! – janvier 2018

Le bulletin Uforca numéro 28


Hans Holbein le Jeune,
Les ambassadeurs, 1533, détail



L’inconscient et le réel du sexe



Dans une tribune récemment publiée sur Le Monde, le politologue Olivier Roy dépliait quelques réflexions à propos des prolongements de l’affaire Weinstein, affirmant que « l’apologie philosophique, voire idéologique, de la nature comme désir, c’est-à-dire en fait comme liberté de la pulsion débarrassée du poids de la culture, produit aujourd’hui son contraire : le triomphe de la normativité1. »

Il pointait ainsi les campagnes anglo-saxonnes de prévention du harcèlement sexuel comme n’étant non pas « fondées sur une approche éthique, mais sur une pédagogie autoritaire, où l’on doit mémoriser un nouveau code de gestuelle et d’énoncés […] comme si, d’un seul coup, l’instinct avait disparu, ou plutôt comme si, entre deux êtres, il n’y avait plus de culture partagée, c’est-à-dire d’implicite et de non-dit. Tout doit être dit, la vie est un contrat à renouveler à chaque instant. »

Or, comme le rappelle Marie-Hélène Brousse, interviewée Myriam Chérel dans ce numéro, la découverte freudienne de l’inconscient nous a justement appris que l’instinct, « à partir du moment où ça parle, il n’y en a plus. Les parle-êtres sexués le sont à partir non de leur organisme, mais du discours qui les a constitués comme sujets de l’inconscient2 ». Mais attention : nul espoir d’une « culture partagée » entre les dits hommes et les dites femmes pour autant… Le réel du sexe fait trou dans la culture aussi bien que dans la nature.

Ne manquez pas cette interview, où M.-H. Brousse déplie finement comment, avec Lacan, une autre voie se dessine pour les positions féminine et masculine, par-delà les apories de la domination ou de la culpabilité, de la trahison ou de la révolte.

Ironikement vôtre,

Alice Delarue

Note :
1 Roy O., « Violences sexuelles : “La nature a remplacé la culture comme origine de la violence” », Le Monde, 9 janvier 2018.
2 Cf. « Lacan sens dessus dessous. Myriam Chérel interviewe Marie-Hélène Brousse », dans ce numéro d’Ironik !

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Le billet du cartel



En ce début d’année, Ironik ! dédie son vingt-huitième numéro à l’un des concepts fondamentaux de la psychanalyse : l’inconscient. Halte aux férus des formations de l’inconscient : vous n’y trouverez détaillés ni mots d’esprits, ni actes manqués, ni lapsus ; ce numéro permet plutôt de découvrir ou de redécouvrir les remaniements du concept d’inconscient opérés par Lacan sur près de vingt ans.

Depuis « Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse » jusqu’aux élaborations plus tardives du Séminaire Encore, en passant par le Séminaire XI, ce concept d’inconscient – comme ceux avec lesquels il se trouve être en rapport –, va se voir modifié et va parfois changer de statut. Par leur commentaire d’une citation de Lacan, chacun des quatre auteurs développe certaines des caractéristiques de l’inconscient propres à un moment de son enseignement.

Aussi en 1953, le tout début de son enseignement, empreint du retour à Freud, traite-t-il d’un inconscient déchiffrable, situé sur l’axe symbolique. L’inconscient, comme texte latent, se révèle à la faveur du déchiffrement réalisé dans l’analyse. Une fois déchiffré, il révèle la vérité nécessaire à parfaire l’historisation du sujet ; Benoît Kasolter déplie ainsi ce qu’il en est de la psychanalyse comme « progrès de la vérité ».

Élisabeth Pontier et Véronique Villiers se sont penchées, quant à elles, sur les modifications de l’inconscient contemporaines au Séminaire XI. L’inconscient proprement lacanien est pulsatile, il s’ouvre, se ferme. Non réductible à ses formations, il existe sur son versant de fermeture. Avec ce Séminaire, la dimension du réel est encore davantage approchée.

En 1972-1973, avec Encore, à l’heure de la primauté de la jouissance, il n’est plus tant question de vérité, de savoir et de sens – l’inconscient est jouissance. Les implications sont importantes, le grand Autre, la parole, le langage, l’être s’en trouvent modifiés : Sylvette Perazzi en propose un tour d’horizon.

Enfin, ce numéro n’est pas en reste quant à la pratique, puisque sont abordées les modifications dans le maniement de la cure entre 1953 et 1973.

Katell Le Scouarnec

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Sommaire :

TRAVAUX D’UFORCA


La réalité sexuelle de l’inconscient
Véronique Villiers, Section clinique d’Aix-Marseille

Nous sommes le 29 avril 1964, et au cours de son Séminaire Lacan affirme : « Allons au fait. La réalité de l’inconscient, c’est – vérité insoutenable – la réalité sexuelle ». Si cette réalité témoigne dans ses effets de la relation du sujet au signifiant, elle se conçoit également comme actualisation, mise en acte de l’inconscient dans le transfert – la temporalité est alors celle de l’instant. « Pourquoi est-ce une réalité insoutenable ? » – Quel lien entre l’inconscient et la réalité sexuelle ?… Lire la suite »

L’inconscient, l’histoire et la vérité
Benoît Kasolter, Section clinique d’Aix-Marseille

Sur quoi se fonde le rapport de l’inconscient à l’histoire et à la vérité ? D’abord sur une éthique. Avoir « avec sa propre vie un rapport biographique », écrire une vie selon une chronologie précise « n’est pas permis par le discours psychanalytique »... Lire la suite »

L’inconscient lacanien : une béance
Élisabeth Pontier, Section clinique d’Aix-Marseille

« L’inconscient se manifeste toujours comme ce qui vacille dans une coupure du sujet ». Jusqu’ici quelle était la conception de l’inconscient pour Lacan ? Sa conception était freudienne : celle d’un inconscient structuré comme un langage, c’est-à-dire que dans l’inconscient « ça parle » et ça obéit à des lois… Lire la suite »

Le parlêtre et la jouissance de la parole
Sylvette Perazzi , Section clinique d’Aix-Marseille

« L’inconscient, ce n’est pas que l’être pense, comme l’implique pourtant ce qu’on en dit dans la science traditionnelle – l’inconscient, c’est que l’être en parlant, jouisse, et, j’ajoute, ne veuille rien en savoir de plus. J’ajoute que cela veut dire – ne rien savoir du tout. » Sont ici conjoints parole et jouissance auxquels est opposé « l’être qui pense » qui est ce que l’inconscient n’est pas… Lire la suite »


NOS LANCEURS D’ALERTE


L’envers du numérique
Google, dessine-moi un rêve
Quentin Dumoulin

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? Se demandait déjà Philip K. Dick dans sa nouvelle éponyme. Un demi-siècle plus tard, Google rêve de pouvoir répondre à l’auteur de science-fiction. Ainsi une cellule d’ingénieurs logiciels de la filiale Alphabet présente dans son article leurs résultats d’expérimentation… Lire la suite »

S.K.beau
Monstre, dit-il
Isabelle Lagier

Il en est des monstres comme des hommes, des monstres aux pieds d’argile ou aux pieds bottés. Gérard Depardieu se range sans conteste et de lui-même parmi les premiers. Monstre est le titre de son dernier livre paru récemment – avec comme sous tire « Plus libre encore »… Lire la suite »


LACAN SENS DESSUS DESSOUS


Myriam Chérel interviewe Marie-Hélène Brousse

Myriam Chérel interviewe Marie-Hélène Brousse, psychanalyste membre de l’ECF et de l’AMP, à propos de cette phrase de Jacques Lacan issue du Séminaire « Les non-dupes errent » : « L’être sexué ne s’autorise que de lui-même […] et de quelques autres » Lire la suite »

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