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Publié le jeudi 26 avril 2018

Séminaire Janus « Lacan pour tous »

Alpha plus Bêta : un lieu pour parler de la théorie

Les mercredis 28 mars et 30 mai 2018 à 20h30 – Rouen



Le Séminaire Janus comporte Alpha plus Bêta : un lieu pour parler de la théorie et Schmilblick, un lieu pour parler des pratiques. Alpha plus Bêta et Schmilblick ne sont pas symétriques l’un de l’autre...

Alpha plus Bêta : un lieu pour parler de la théorie


La théorie psychanalytique ne constitue pas un ensemble fermé, un tout dogmatique, mais au contraire un ensemble ouvert (sans totalité), toujours remanié par l’opacité ou le réel qui aimante la pratique. L’enseignement de Lacan est radical parce qu’il met la faille entre théorie et pratique1 au cœur de l’élaboration de l’expérience analytique – cette faille traverse la théorie elle-même, qu’on la nomme sujet, manque, trou, objet a, jouissance etc. Au fond cette faille est liée à l’incidence du langage en tant que tel, elle est liée à l’impact du signifiant sur les corps parlants et les développements logiques qui en sont la conséquence.

Voilà le point de départ de la pratique et de la théorie psychanalytiques. Parler de logique signifiante vient déplacer la question des rapports entre théorie et pratique ; elle nous met sur la piste de la lecture et de l’écriture. Qu’est-ce qui se lit dans une pratique ? Qu’est-ce qui peut s’en écrire ? Quels sont les liens entre la lecture et l’écriture ? Entre l’opacité et le sens ? C’est à partir de la parole et du signifiant qu’une pratique qui a pour boussole la psychanalyse peut opérer, avec l’éthique du bien-dire, même si le praticien s’oriente, lui, à partir de ce qui résiste au sens, de ce qui fait opacité.

Nous vous proposons de venir parler de théorie à partir de ce point de départ. Pour cela, chaque soirée sera animée par un binôme. L’un aura écrit le texte d’un cas ou d’une situation issue de sa pratique, l’autre l’aura lu et de sa lecture découlera un premier travail en commun ; ils nous en livreront le résultat qui mettra en exergue les concepts permettant une lecture du cas ; ceci rendra possible une conversation autour de toutes ces élucubrations.

Alpha plus Bêta s’adresse à tous ceux qui sont taraudés par leur pratique et la tentative de l’éclairer, d’en rendre compte, et plus particulièrement aux jeunes praticiens, et aux moins jeunes ! Alpha plus Bêta s’adresse aussi aux étudiants et à tous ceux qui s’intéressent à l’enseignement de Lacan, et se demandent comment… le lire !

Le Séminaire Janus comporte, outre Alpha plus Bêta, Schmilblick, un lieu pour parler des pratiques, qui n’a pas lieu le même jour. Schmilblick n’est pas symétrique d’Alpha plus Bêta ; tous ceux qui participent à Schmilblick sont invités à venir à Alpha plus Bêta, l’inverse n’est pas proscrit mais n’est pas prescrit non plus ! A chacun de faire selon son goût !

- Mercredi 28 Mars, Maxime Chesneau et Serge Dziomba
- Mercredi 30 Mai, Zoé Godefroy et Marie-Hélène Doguet-Dziomba

Marie-Hélène Doguet-Dziomba

Note :
1 Notre époque psy, celle du DSM, se veut « athéorique », aspirant à dissoudre le champ de la clinique dans des listes syndromiques sous la férule des « preuves scientifiques » souvent assimilées à des chiffres voire des algorithmes. Ces listes « athéoriques » sont d’une autre nature que ce que Lacan appelait « l’enveloppe formelle du symptôme », elles sont déconnectées du réel de chaque patient, et méconnaissent la logique signifiante qui donne son armature structurale à chaque cas. Elles laissent de côté le rapport complexe entre théorie et pratique. Car une pratique est toujours sous-tendue par une théorie qui n’a pas besoin d’être éclairée pour avoir des effets ; et une pratique s’inscrit toujours dans un discours qui lui donne son cadre ; quant à la théorie d’une pratique, elle suppose toujours un certain usage du concept, un « mésusage » selon Lacan, si l’on considère que jamais un concept n’abolira le réel en jeu dans la pratique.


Mercredi 28 mars : L’Autre
- « Adam est un adolescent agité. Cette agitation est l’effet d’un trop du côté de l’Autre : on lui donne trop et ce trop vient se loger dans le corps mais sans être localisé. L’agitation n’est pas circonscrite à un organe et elle ne permet pas au discours, d’être lesté, de suivre une direction. Celui-ci est désordonné, passant d’un sujet à un autre, émaillé d’interjections. Ce don en trop, incompréhensible, non réglé, illogique, le confronte à l’énigme du désir de l’Autre : Que me veut-il, l’Autre, pour me donner tant ? Il met, ainsi, en place des solutions pour tenter de contrôler cet Autre qui lui apparaît comme insensé et incontrôlable. ».
Maxime Chesneau

- L’agitation de l’enfant mise en scène concentre les perturbations qu’il éprouve dans son corps dès que son Autre se manifeste à lui. Dans le détail de son propos, tel que le rapporte Maxime Chesneau, on peut lire à la fois l’effet problématique de cette manifestation, les façons dont l’enfant y répond, ainsi que les tentatives de traitement qu’il invente. L’Autre, concept de Lacan nous servira de point d’éclairage dans ce cas.
Serge Dziomba


Mercredi 30 Mai – Qu’est-ce qui fait tenir un corps ?
- Kévin, un enfant en pièces détachées
Kévin a 11 ans lorsque je le reçois au CMPP. Il a déjà été suivi par une psychologue. Le travail sous transfert lui a permis d’avoir un goût du bien dire. Les séances en témoignent. Elles sont riches des trouvailles de Kévin : le dessin, l’écriture d’une chanson et l’invention de « sa » signature en sont des exemples. Kévin vient parler de son corps. Corps qui ne semble pas faire unité pour lui. Au delà de la première rencontre du corps avec la langue qui sont « des marques sur le corps » (Jacques-Alain Miller, « Pièces détachées », cours du 15 Décembre 2004), d’autres événements sont venus inscrire de l’étrange et de l’étranger dans son rapport au corps. Il s’agira donc ici de nous interroger, à travers le cas de Kévin, sur la question du corps, plus particulièrement du corps morcelé chez un jeune de 11 ans.
Zoé Godefroy

- Qu’est-ce qui fait tenir un corps ?
Kevin est un enfant agité, angoissé, dont l’Autre est lâchage. La rencontre avec sa thérapeute, le transfert qui s’y noue rendent lisible pour nous son effort : un effort pour nommer et inscrire des « pièces détachées » qui ne sont pas « unifiées » par une image qui donne « forme », qui ne sont pas « normalisées » par le support d’un discours commun et dont la commande risque à tout instant de lui échapper. Ces « pièces détachés » nous indiquent le problème profond auquel il est confronté : le rapport à un corps qui n’a pas d’image constituée, qui risque de se détacher à la façon du petit zombie qu’il a vu sauter hors de l’écran de télévision, un corps marqué par l’étrangeté à l’instar de ce qu’il dit de sa mère lorsqu’elle est avec ses frères en sa présence : « Maman n’est pas à elle toute seule » ; son corps n’est pas « à lui tout seul », il peut être envahi de commandements, d’insultes, d’excitation. Les rencontres de la thérapeute avec Kevin montrent comment il cherche un lieu séparé, clos, pas sans vide, pour y déposer ses pièces détachées ; comment il cherche à construire des fragments d’images qui pourraient donner du poids à une représentation de lui-même profondément flottante ; comment il utilise la lettre – celle qui peut se dédoubler, celle qui vient « signer », celle qui donne une mesure, celle qui fixe quelque chose – et l’écriture chantée et dansée pour trouver un lest, une prise sur ce corps étranger qui échappe. Il nous montre aussi comment ce corps, il doit le mortifier en permanence, en le blessant, dans une soustraction impossible, toujours à réitérer dans le réel.
Grace à Kevin, nous vous proposons de mettre au travail cette question : Qu’est-ce qui fait tenir un corps ?
Marie-Hélène Doguet-Dziomba


Ce séminaire est organisé sous la responsabilité de Marie-Hélène Doguet-Dziomba.

Il aura lieu les mercredis 28 mars et 30 mai 2018 à 20h30.

Maison de la psychanalyse en Normandie,
48 rue l’Abbé de l’Epée, à Rouen (76).
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Participation aux frais : 5 € par soirée ou 25 € pour l’année et pour l’ensemble des séminaires proposés par l’ACF-Normandie. Réduction de 50 % pour les étudiants.

Contacter Marie-Hélène Doguet-Dziomba pour obtenir des renseignements

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