Recherche

Par activités


Publié le samedi 20 janvier 2018

2e Journée d’étude de la FIPA

Paradoxes de la demande

Samedi 17 mars 2018 - 9h - 18h - Rennes

La Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquée propose sa seconde journée d’étude le samedi 17 mars de 9h à 18h à Rennes :

Paradoxes de la demande


La FIPA est un essaim d’institutions composé aujourd’hui de seize Centres Psychanalytiques de Consultation et de Traitement (CPCT) et de dix-sept initiatives spontanées inspirées par les CPCT sans en être. Disparates dans leur fonctionnement, ces institutions ont une référence commune : la psychanalyse lacanienne telle qu’elle est transmise par l’École de la Cause freudienne. Par ailleurs, si elles sont organisées en fédération, c’est qu’elles partagent une visée politique qui demande de se serrer les coudes. Cette visée est celle d’un branchement sur le dit « social » afin de creuser un trou dans les pratiques psychothérapeutiques proposées par le maître qui écrasent le désir en le réduisant à une demande. Par conséquent, les institutions de la FIPA ne participent pas au « coltinage » de la misère du monde car celui-ci consiste à entrer dans le discours qui la conditionne et à y collaborer1.

Le discours du monde contemporain, marqué par « l’objet au zénith », est affolant : l’omniprésence des écrans appelant le regard, l’injonction « travaille ! » faisant écho à l’obligation surmoïque de jouir, l’infinitisation des identifications et des choix sexuels. Cet affolement a son pendant : le burn-out par désespoir, l’auto-exclusion par débranchement, les passages à l’acte violents ou suicidaires.

La demande se produit au moment de la rencontre des manifestations de ce discours ambiant avec la psychanalyse. Quelles sont les conséquences de cette rencontre ?

La psychanalyse fait partie de ce discours car elle n’est pas moins « contemporaine ». Mais elle s’efforce de s’en décaler en pariant sur une ventilation par la parole de l’effet rouleau compresseur de la civilisation. L’offre de la parole est une proposition de parler sans prédire ce qui se dira. Ce pari ne signifie pas que tout peut être dit. Bien au contraire, il rend ses lettres de noblesse à l’indicible, à ce qui fait « mur » dans la communication et qui entretient le désir de dire toujours mieux. C’est ce pari qui se fait dans les institutions de la FIPA.

Les paradoxes de la demande ne sont que des variations sur la formulation que Lacan a intitulé la lettre d’amur : « Je te demande de me refuser ce que je t’offre, parce que c’est pas ça2 ». La demande n’existe jamais en soi, de façon isolée. Il s’agit donc de mesurer à chaque fois le rapport complexe et parfois réciproque entre l’offre, la demande et la réponse qui lui est donnée. Car si l’offre crée la demande, la réponse la transforme. Autrement dit, si la demande dépend de la structure et des conditions de vie du sujet, elle est surtout déterminée par l’accueil de celui à qui elle s’adresse. Le praticien orienté par la psychanalyse le sait : dès la première rencontre, et parfois même en amont, il fait lui-même partie du tableau clinique.

Lors de la Journée de la FIPA 2018, prenant en considération les particularités des demandes adressées à ses institutions, nous aborderons ce thème sous les angles suivants : l’origine de la demande, l’Autre à qui elle s’adresse, et l’accueil qui lui est donné.

Gil Caroz


Note :
1 LACAN J., “Télévision”, Autres écrits, Paris, Seuil, 2001, p. 517.
2 LACAN J., Le Séminaire, livre XIX, … ou pire, Paris, Seuil, 2011, p. 81-82.


Trois demandes à Gil Caroz,

Président de la FIPA


1-Comment diriez-vous la spécificité des institutions de la FIPA (Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquées) ?

L’histoire de ces institutions commence avec la création des CPCT à l’initiative de l’École de la Cause freudienne. Le point de départ correspond à un moment où, au début des années 2000, les psychanalystes ont été amenés à sortir de la « clandestinité » de leur bureau, afin de monter sur la scène du monde et de démontrer l’utilité publique de leur pratique. Ensuite, nous avons vu naître, de façon spontanée, d’autres institutions qui s’inspiraient des CPCT, issues d’initiatives personnelles de praticiens qui s’orientent de la psychanalyse. Enfin, la FIPA a inclus des institutions dont les praticiens contribuent à l’orientation psychanalytique, parfois autour d’un projet clinique spécifique. Outre l’enjeu politique de la création de ces institutions, il s’agit de lieux de recherche scientifique et de formation à une clinique orientée par la psychanalyse, qui offrent un accès relativement facile à l’expérience et aux pouvoirs salutaires de la parole, le plus souvent pour un temps limité et dans la gratuité.

2-La deuxième journée FIPA se tiendra à Rennes le 17 mars prochain, elle met l’accent sur les paradoxes de la demande. À qui cette journée s’adresse-t-elle ?

Cette journée s’adresse à tous les amis de la psychanalyse et du désir. À l’ère où les discours ambiants tendent à écarter le désir par la demande de conformité à la norme, une journée sur les paradoxes de la demande doit ouvrir vers le souffle d’un désir. La demande répond à la manifestation de la pulsion comme besoin, et part de l’hypothèse que le tout du besoin peut être versé dans le signifiant. À l’opposé, le désir rend ses lettres de noblesse au « X » qui reste toujours indicible, à la poésie du sujet et au salut de l’énigme. Toutefois, l’être parlant ne peut s’empêcher de demander. Parler, c’est demander : demander d’être écouté, aimé, ou au contraire ignoré et haï. C’est autour de cette dialectique entre le désir et la demande, telle qu’elle apparait dans la rencontre du sujet avec les dispositifs des institutions de la FIPA, que nous voulons axer la journée du 17 mars.

3-Quels sont les enjeux de cette journée ? Qu’apporte la psychanalyse appliquée, et particulièrement au moment de la montée dans le discours contemporain du surmoi et de l’ego ?

Vous l’avez dit : le discours contemporain est celui du surmoi et de l’ego. C’est dire que le discours contemporain est un discours de maîtrise. Et nous sommes tous pris dans ce discours. Qui ne s’angoisse pas quand son enfant ne répond pas aux normes imposées par le maître ? Nous parlons du un par un, de la singularité, etc. Mais si nous tolérons très facilement le fait que l’enfant du voisin soit un peu spécial, l’idée que le nôtre ne réponde pas à la norme est le plus souvent très mal vécue. La norme est un des noms d’une religion contemporaine et les écoles sont souvent ses temples. Il faut passer par l’expérience analytique pour pouvoir supporter l’angoisse de ne pas faire partie de la norme. La psychanalyse appliquée est pratiquée par des analysants qui s’appliquent, dans leur cure, à traverser cette angoisse et à faire un pas de côté. Là où le moi et le surmoi poussent à répondre à la demande du maître, ces praticiens orientés par la psychanalyse tentent plutôt de rattacher le sujet à son propre désir.


Citations pour la seconde journée de la FIPA, « Paradoxes de la demande » :


Samedi 17 mars de 9h à 18h.

Couvent des Jacobins, Palais des Congrès, Place Sainte-Anne, 35000 Rennes
Consulter le plan d’accès »

- Inscription individuelle : 60 euros,
Inscription sur le site de l’Ecole de la Cause Freudienne »
(paiement par carte bancaire uniquement)

- Inscription au titre d’une formation :
-Inscription formation médicale continue (médecine libérale) : 50 euros

-Inscription prise en charge par votre employeur au titre de la formation permanente : 150 euros
Bulletin d’inscription à télécharger et à adresser avant le 1er mars 2018 à
UFORCA pour UPJL
Secrétariat général
15 Place Charles Gruet
33000 Bordeaux.

Dans les 2 cas bulletin d’inscription à télécharger :

Renseignements : 01 45 49 02 68



Télécharger l’affiche :
JPEG

Qu’est-ce que la FIPA ?

La Fédération des Institutions de Psychanalyse Appliquée - FIPA - est née à Paris le 28 mars 2015, après trois années de work in progress à l’initiative du Directoire de l’Ecole de la Cause Freudienne (ECF) avec la participation de Jacques-Alain Miller. Elle regroupe les Centres psychanalytiques de Consultations et Traitement (CPCT) et les associations cliniques apparentées.

La FIPA est une association française à but non lucratif, selon la loi de 1901, dont le siège est à Paris (1, rue Huysmans) et qui a pour objet de coordonner des institutions cliniques orientées par l’enseignement de Lacan, en France et en Belgique francophone. Elle est administrée par le Directoire de l’ECF qui en est son bureau.

Revenir à l’Accueil du site ».
Accéder directement à l’Agenda ».