Université Populaire Jacques-Lacan

IRONIK ! Le bulletin Uforca

Numéro 24 – juin 2017

Samedi 24 juin 2017, par MB // IRONIK !, le bulletin Uforca


Frida Kahlo, El sol y la vida, 1947, courtesy of www.fridakahlo.org



Politik !



« La psychanalyse ne s’est jamais contentée d’être clinique ; elle a toujours eu partie liée avec une politique de civilisation », nous rappelle Jacques-Alain Miller dans son texte de présentation1 de « la movida Zadig » (zero abjection democratic international group).

Ce numéro d’Ironik ! démontre à sa manière la puissance de la psychanalyse. Celle-ci, dans la mesure où elle avance au plus près du réel en tenant résolument noués les fils épistémique, clinique et politique, permet d’élucider aussi bien ce qui fait le ressort général de la passion du parlêtre pour l’image – et particulièrement la sienne –, que le plus inouï d’une trajectoire subjective, comme celle de François Augiéras, sous la plume de Philippe Lacadée.

Dans le champ politique, la psychanalyse se révèle comme étant le seul discours permettant de traiter la jouissance, dont elle sait que c’est elle, et non le maître, qui est véritablement aux commandes – ainsi que le démontre Caroline Leduc interviewée par Myriam Chérel. Dès lors, en cette « Année zéro », une responsabilité s’en déduit pour chacun.

Je vous souhaite une belle lecture, et vous donne rendez-vous à la rentrée…

Ironikement vôtre,

Alice Delarue

Note :
1 Cf. Arrivée de la movida Zadig et Champ Freudien, année zéro dans Lacan Quotidien 718

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Le billet du cartel

Au-delà du narcissisme que recèle l’usage massif et contemporain de l’image et de la représentation de soi, il y a l’image que produit l’artiste qui tente d’attraper quelque chose dont il fait parfois l’œuvre de sa vie. Ce nouveau numéro d’Ironik ! nous propose d’entrer dans les coulisses des œuvres artistiques qui s’offrent au regard des spectateurs. Il y sera moins question de la répétition vaine et infinie qui se reflète dans les selfies ou les photos de « profil » dont la « ruse » est un leurre face à la castration que l’artiste, par sa création, cherche à situer sur le versant de l’impossible et de l’indicible auquel son statut de parlêtre le convoque singulièrement. Philippe Lienhard retrace le parcours d’Aloïse Corbaz. Pour cette femme, c’est une réponse sinthomatique vitale à la « faillite » de l’amour et par là même à un travail sans fin de l’artiste que nous découvrirons. Frida Kahlo, par sa pratique de l’autoportrait, nous en offre un autre témoignage, dans ce que Chantal Bonneau nomme son « entreprise de survie » et qu’elle situe du côté « d’un certain savoir-faire avec l’image » entre narcissisme et sublimation. Solenne Albert revisite, quant à elle, avec précision le génie pictural de Léonard de Vinci au travers notamment de ce que Freud en a écrit dans Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci. Ces lectures vous donneront sans nul doute envie d’aller voir ou revoir, « en vrai », ce qui nous y regarde. Mais Ironik ! franchit aussi les barrières esthétiques en vous proposant la lecture du texte de Philippe De Georges, au-delà du beau, dans un territoire où peut être convoqué l’attrait sadique de l’Homme pour l’horreur. Car, quand les images se mettent au service de la pulsion de mort, c’est la terreur et la jouissance « de l’épouvante » qui font irruption et s’imposent à ceux qui les regardent dans ce que nous avons appris à reconnaître comme la signature médiatique de Daesh. Regards croisés pourrait-on dire avec la perspective historique que trace Franck Rollier de « l’interdit biblique de la représentation à l’impossible à regarder » où la prépondérance de l’image répond à cette place vide qui constitue le sujet. Il y a de l’irreprésentable dans le monde, un point opaque que le voile de l’image laisse supposer en creux. Ce point obscur, à chacun particulier, la psychanalyse, en suivant le travail de l’artiste, s’y attelle. Elle admet et opère à partir de l’impossible à voir et à savoir, l’envers de la promesse ségrégative d’un hypothétique salut identitaire par l’image spéculaire car, « si l’enfer est quelque part, c’est dans “je”1 ».

Josselin Schaeffer

Note :
1 Lacan J., Le Séminaire, livre XIV, « La logique du fantasme », leçon du 25 janvier 1967, inédit.

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Sommaire :

TRAVAUX D’UFORCA


Représenter l’irreprésentable ?
Frank Rollier, Section clinique de Nice

Freud a soutenu que « la religion qui a commencé par l’interdiction de se faire une image de Dieu se développe toujours plus au cours des siècles dans le sens d’une religion des renoncements aux pulsions ». Établissant un lien entre interdit de la représentation et pulsions, il fait de l’interdit de l’image le temps premier des refoulements pulsionnels imposés par la religion mosaïque... Lire la suite »

Le peintre et son image – l’autoportrait
Chantal Bonneau, Section clinique de Nice

En 1988, Jacques-Alain Miller écrit un texte sur la création qui est une boussole dans notre champ. J’en prélève trois remarques qui orienteront mon propos : « l’art doit être mis, dans la psychanalyse, au registre de la production, c’est-à-dire avant tout [...] à titre d’objet. »... Lire la suite »

Peindre l’amour
Philippe Lienhard, Section clinique de Nice

Pour Lacan, ce sont les femmes qui le plus souvent aiment follement. Mais il existe une limite, celle de la structure. Dans la psychose, cette limite se trouve franchie, ce qui fait dire à Lacan, « Une femme ne rencontre L’homme que dans la psychose »... Lire la suite »

Autour d’Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci
Solenne Albert, Section clinique de Nantes

Freud écrit Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci à la suite du cas du petit Hans. Ce texte sera le plus critiqué. Une page du Traité de la peinture de de Léonard de Vinci révèle selon lui « son aptitude enjouée à la jouissance »... Lire la suite »

Image et sacrifice
Philippe de Georges, Section clinique de Nice

Lacan soutient que le tableau a une fonction apaisante : il permet au spectateur de déposer son regard. Le peintre, dit-il « invite celui auquel le tableau est présenté à déposer là son regard […] c’est là l’effet pacifiant, apollinien, de la peinture ». Le sublime satisfait la pulsion, dans ce cas la pulsion scopique, dans les bornes du principe de plaisir... Lire la suite »


NOS LANCEURS D’ALERTE


L’escabeau de François Augiéras
Philippe Lacadée

Au cours du vagabondage qui orienta sa vie, François Augiéras écrit avoir trouvé des lieux déterminants pour abriter sa « solitude extrême » et « sa cruauté de la vie ». Son premier lieu est celui du désert à El-Goléa, exposé au plein ciel, puis la grotte de la Montagne Sainte du Mont Athos et à la fin de sa vie la grotte de Domme... Lire la suite »


LACAN SENS DESSUS DESSOUS


Myriam Chérel interviewe Caroline Leduc

Myriam Chérel interviewe Caroline Leduc, psychanalyste membre de l’ECF, à propos de la phrase de Jacques Lacan : « L’inconscient, c’est la politique », extraite du Séminaire XIV, « La logique du fantasme »... Lire la suite »

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