Université Populaire Jacques-Lacan

IRONIK ! Le bulletin Uforca

Numéro 19 – novembre 2016

Mercredi 30 novembre 2016, par MB // IRONIK !, le bulletin Uforca


Quand Sade se fait l’ombre de Kant !



Décomplexé de son indigence langagière, « habile », le cynique fait le malin. Il vise la misère chez le miséreux pour attraper son suffrage, sans considérer les effets de haine qu’il alimente. Sa parole tourne crânement autour du vide, faisant hâtivement résonner des solutions du côté vulgaire de l’universel facile. Il cherche « la faute à qui » et on se met sous sa tutelle. Tandis que sa voix enfle, le politique expire. Rien ne saurait réveiller l’endormi qui bien « installé dans ses meubles » et la chaleur de sa maison, rêve, bercé par la petite musique des sondeurs. Pour lui, pas de « pensée de derrière », comme dirait Pascal, venant troubler la fête...

Paroles en toc, promesses sans aube mais pas sans effet.

Si la vérité est toujours mi-dite et si parler implique toujours d’avoir les mains sales, quelle position éthique prendre par rapport à sa propre parole ? Qu’est-il possible d’espérer à la fin d’une analyse ? Une parole qui ne serait pas au service de l’accomplissement de soi dans le grand marché du spectacle ? Une parole dont le sujet déciderait d’assumer les responsabilités imprévisibles de ses effets (ce qui ne se fait pas sans calcul) ? Une parole attachée à la pulsion qui tiendrait compte du trou qui singulièrement la cause ?

Avec Lacan, qui lit Kant avec Sade, ce numéro nous introduit à l’éthique de la psychanalyse...

Ironikement vôtre !

Marie Laurent

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Le billet du cartel

L’éthique à l’époque du Un tout seul

Ce numéro d’Ironik ! nous invite à nous questionner sur l’éthique en psychanalyse. Celle-ci, à l’époque du Un tout seul, est-elle autre ? Y a-t-il une éthique du désir contemporain face à la montée du surmoi comme un impératif de jouissance ?

Les références traitées dans les textes suivants vont parcourir quinze ans de l’enseignement de Lacan : du livre VII du Séminaire L’Ethique de la psychanalyse, aux textes « Kant avec Sade » et « Télévision ».

Après le chemin parcouru des six premiers Séminaires de Lacan, la question de l’éthique surgit au point de rupture où dans le traitement du désir va émerger la jouissance. Le livre VII du Séminaire, avec la conceptualisation de la Chose, dévoile une causalité qui est de l’ordre de la jouissance. Le manque dans l’Autre laisse le sujet sans recours.

Le paysage change. Le Beau et le Bien viennent faire barrage au désir. Ainsi Antigone peut être lu et découvert autrement grâce à Lacan. Lorsqu’aucune médiation, aucun objet, ne vient contrer le pire, alors le désir dit pur conduit à la mort. Ainsi, la libération du désir pur en soi n’est pas ce qui se constitue à l’horizon de la psychanalyse.

Si l’on pointe ici quelque chose de l’inhumain, il n’y a pas d’universel dans cette carte de l’éthique. Avec Télévision, se déploient les questions kantiennes : « que puis-je savoir » ?, « que dois-je faire ? », « que m’est-il permis d’espérer ? Nous lirons ici un développent précieux pour notre clinique quotidien du « Ne demande « que faire » que celui dont le désir s’éteint ».

Nul discours du maître, du mentor, du directeur de conscience, de l’échange philosophique, du bien-être ou de l’empathie ne viennent répondre de l’éthique ‒ qui n’est pas la morale. L’éthique réunit les conditions pour que le sujet prenne sa décision, celle de ne pas céder sur son désir (distinct du désir pur) là où l’impasse et l’impératif de jouissance recouvrent toute volonté.

Rosana Montani-Sedoud.

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Sommaire :

TRAVAUX D’UFORCA

« Ne demande « que faire », que celui dont le désir s’éteint »
Serge Cottet, invité de la section clinique de Nantes

Cette phrase qui a la forme d’un aphorisme moral, peut être interprétée de plusieurs façons. Elle vise Kant puisque c’est lui qui pose la question. Au lieu de répondre à la question « Que dois-je faire ? », on peut se demander qui la pose et, à partir de quelle disposition subjective on se la pose... Lire la suite »

Savoir, faire, espérer
Philippe de Georges, section clinique de Nice

Puisque c’est ce à quoi nous invite Jacques-Alain Miller dans Télévision, il convient de revenir à Kant et à ses questions. La première porte sur le savoir et sa possibilité... Lire la suite »

L’universel et le particulier
Noémie Jan, section clinique de Rennes

Le Séminaire VII opère une rupture dans la continuité des six premiers Séminaires de Jacques Lacan qui s’emploient à dégager le travail de l’inconscient à partir du signifiant... Lire la suite »

L’essence de la tragédie. Un commentaire de l’Antigone de Sophocle
Bernard Porcheret, section clinique de Nantes

La fonction du bien, comme la fonction du beau, est de faire barrage au désir, d’empêcher le sujet d’aller au-delà du principe de plaisir, de s’aventurer dans le champ de la Chose, de das Ding... Lire la suite »

NOS LANCEURS D’ALERTE

Sans pré-juger !
Quand les idéologues se heurtent aux lois

Jacqueline Dhéret

Un article de Julie Clarini, paru dans le Monde du 13 mai 2016, a retenu mon attention. La journaliste y interrogeait les auteurs d’un ouvrage intitulé Le procès des droits de l’homme... Lire la suite »

Sans pré-juger !
Pré-juger n’est pas clinique

René Raggenbass

Après une soirée festive accompagnée d’alcool et de cannabis, ce jeune homme de vingt-et-un ans agresse un passant au couteau. Il ne comprend pas ce qui lui est arrivé... Lire la suite »

LACAN SENS DESSUS DESSOUS

Myriam Perrin interviewe Dalila Arpin

Dalila Arpin a choisi pour nous un extrait de la conférence Le triomphe de la religion où Jacques Lacan énonce : « Il ne faut pas dramatiser, quand même. On doit pouvoir s’habituer au réel. Lire la suite »

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