Le Prélude de la déléguée régionale de l’ACF-Normandie

Prélude de Juin

Juin 2016

Mercredi 1er juin 2016, par MB // ACF-NORMANDIE


Notre actualité, c’est dans les jours qui viennent la tenue de la Journée d’étude au Havre, le 11 Juin, consacrée aux « Enfants singuliers, Institutions dérangées. Les nouveaux spectres de la clinique : Qu’en dit la psychanalyse ? ». Cette Journée sera un évènement exceptionnel à ne pas manquer ! Elle est déjà exceptionnelle par la préparation qu’elle a suscitée et que les lecteurs de POL ont pu suivre, mois après mois. Nous avons pu initier nos lecteurs à la subtilité, la précision et la rigueur éthique du travail soutenu avec les « enfants autistes » dans les Centres d’éducation infantile Patinete à Saragosse – cette institution créée par notre collègue psychanalyste Pedro Gras en 1992, où la « pratique à plusieurs » puise ses principes et ses racines dans le transfert de chacun des intervenants à la psychanalyse d’orientation lacanienne. Les textes que nous avons publiés sur notre site témoignent chacun du rôle central de l’analysant décidé dans une institution, pour l’accueil et la mise en circulation d’un désir toujours particulier, qu’il s’agisse de celui d’un parent ou d’un enfant – et qui suppose le respect du style des inventions toujours à l’œuvre, chez l’enfant, dans les tentatives de traitement, à repérer de la façon la plus attentive, de ce qui est en excès, qui déborde, qui n’est jamais « à l’intérieur » et qui « dérange » les discours établis. Transformer tout ça en circuits de plus en plus complexes, en y mettant de la bonne façon sa « présence », qui seule rend possible une rencontre – supposant toujours une réponse de l’intervenant et un consentement du sujet – tel est le pari analytique dans une institution. Les circuits permettent de tracer un espace entre le sujet et l’Autre à partir de bords plus souples, de « desserrer le toujours pareil », d’ouvrir au lien social, à « l’absence », à une gaîté qui signe l’arrachement d’un bout de savoir et la conquête d’un savoir y faire.

J’ai trouvé cette fraicheur dans les textes publiés et je la retrouve de façon renouvelée dans les travaux cliniques qui seront présentés le 11 juin. A dix mille lieux des clichés malveillants et moroses sur la psychanalyse, les témoignages que vous entendrez transforment ces antiennes en vieilles pièces usées d’une monnaie qui n’a plus court. Il faut que cela se sache, car l’essentiel est ailleurs – dans cet alliage de dispositifs d’accueil soigneusement calculés à partir de la position d’un petit sujet et de « coups de dés » aux effets incalculables. Vous entendrez d’abord nos invités qui auront parcouru un long chemin pour venir jusqu’à nous ! Nous sommes tellement heureux de les accueillir, de les écouter et de pouvoir discuter avec eux ! Ce qu’ils ont inventé à Saragosse nous concerne tous, dans la dimension la plus brûlante de notre pratique quotidienne, et sera une source de relance dans notre travail d’Ecole au sein de l’ACF Normandie. Gracia Viscasillas et Pedro Gras viendront nous rejoindre, accompagnés des deux Directrices de Patinete. Nous ferons tout pour favoriser les échanges avec eux. Vous aurez aussi la chance d’entendre le témoignage de parent et amis de « personnes autistes » soutenus par la formidable et vivante association La Main à l’Oreille – Mariana Alba de Luna, sa co-fondatrice, Françoise Baudoin, la maman de Zoé, et les membres de l’Antenne normande de La Main à l’Oreille.

Vous entendrez aussi l’authenticité et la richesse de ce que nos collègues, en Normandie, ont réussi à extraire de leur pratique, dans les institutions les plus variées – qui ne sont pas orientées par la psychanalyse mais qui peuvent accueillir ce discours dans leurs interstices, là encore grâce à la présence d’analysants très actifs, qui loin s’en faut, ne restent pas enfermés dans leurs bureaux ou dans je ne sais quel « dogme ». La doctrine a toujours une structure ouverte, trouée, elle ne vaut que par ses réalisations pratiques qui permettent d’être au plus près de ce qui se passe avec l’enfant accueilli. Vous entendrez donc des témoignages sur ce qui a pu s’inventer avec des enfants, toujours au singulier, à partir d’une rencontre rendue possible, en IME, à l’école dite ordinaire, en Hôpital de Jour. Croyez-moi, ce que vous entendrez est un remède à la « morosité ambiante », à la « mauvaise humeur » qui peut étreindre bien des professionnels !

Enfin vous entendrez parler de nouvelles institutions, de créations, nées du désir de quelques collègues – Geppetto à Rouen, Les petits pas à Verneuil sur Avre. L’une accueille des enfants et adolescents en souffrance et en rupture de lien social, pas sans leurs parents ; l’autre, soutenue par l’association très active Chemins d’enfance, promeut l’accueil parents-enfants.

Vous l’aurez compris, nous vous donnons rendez-vous le 11 juin au Havre, dès 8h30, afin que nous puissions commencer nos travaux à 9h précises ! N’oubliez pas de vous inscrire, car, par définition, le nombre de places est limité !

Marie-Hélène Doguet-Dziomba,
Déléguée régionale de l’ACF-Normandie

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