A la Une de l’Hebdo-Blog n°67...

Les Journées qui n’ont pas eu lieu...

Un entretien avec Marie-Hélène Brousse

Mardi 5 avril 2016, par MB // Lire, Ecouter, Voir


Les Journées qui n’ont pas eu lieu...

Un entretien avec Marie-Hélène Brousse


paru dans l’Hebdo-Blog le 3 avril 2016



Hebdo blog : Un numéro de La Cause du Désir sur les Journées de l’ECF ? On avait perdu l’habitude…

Marie-Hélène Brousse : Oui, mais ces 45es Journées de l’École de la Cause freudienne sont uniques. Préparées avec sérieux et fantaisie à la fois, le désir aux commandes, par toute l’École et les ACF, elles n’ont pas pu avoir lieu du fait des attentats qui ont eu lieu à Paris dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 novembre 2015. Donc, tout en faisant partie de la série inaugurée par les Journées qu’avait organisées Jacques-Alain Miller, elles s’y inscrivent de façon singulière : comme un trou. Autant dire qu’elles portent la marque du réel dans le symbolique de la série.

H. B. : Une façon de boucher ce trou ?

M.- H. : Pas du tout. Il est inscrit à jamais et, de là, le titre du numéro : « Les Journées qui n’ont pas eu lieu ». C’est le nom que La Cause du Désir leur a donné.

Ce numéro est un témoignage à plus d’un titre. Du travail de préparation et d’élaboration clinique qui les avaient précédées. Du trauma individuel qu’a constitué chez chacun des participants et des inscrits leur annulation, conséquence du coup qui a été porté ce jour-là à la France et à Paris comme mode de vie et jouissance, et, au-delà, aux traces des Lumières, qui, elles-mêmes, n’ont pas été sans terreur.

Mais aussi des effets de ce surgissement d’un réel qui prenait de plein fouet, toujours différemment, les amants de la psychanalyse. De la vigueur du désir pour celle-ci, de la lutte entre désir et jouissance dont le discours analytique est fait.

H. B. : En quoi cela en fait-il un numéro différent ?

M.- H. : Vous verrez. Pour ma part, ce qui m’a sauté aux yeux lorsque j’ai mis la touche finale à son ordonnancement, au cours et après le formidable travail d’équipe qui a lieu au comité de rédaction de la revue (depuis les responsables de rubriques jusqu’aux rédacteurs adjoints en passant par les correcteurs, les artistes qui lui donnent sa robe, Philippe Metz et Gérard Wacjman, nos graphistes, Justine Fournier et Cécile de l’Atelier Patrix), c’est que manquait le point de capiton. Les Journées le produisent pour chacun.

Cette fois il n’avait pas eu lieu. Le numéro portait la trace de l’explosion subjective que nous avons vécue. Fait de textes plus courts que d’habitude, il se présente plus éclaté, plus fragmentaire : un concert de voix, de positions singulières sur Faire couple. Seules les rubriques Cas et Restes, c’est-à-dire les deux parties les plus cliniques de chaque numéro de LCD, ont résisté à cette fragmentation.

Deux cours fondamentaux de Jacques-Alain Miller, dégageant les coordonnées de ce qui fait ou ne fait pas couple chez le parlêtre, permettent cependant au lecteur d’opérer un changement de perspective sur les liaisons inconscientes.

Enfin, une conversation à chaud après les attentats entre l’un des invités des J 45, l’écrivain David Grossman, Christiane Alberti et Gil Caroz, qui constitue un moment de vérité d’une rare intensité.

H. B. : Un numéro autre par conséquent ?

M.- H. : Oui, réellement autre et symboliquement même.

H. B. : Il sera disponible quand ?

M.- H. : Il est parti depuis le 1er avril chez les abonnés et il est en vente au local de l’École de la Cause freudienne et sur ecf-echoppe.com depuis cette date, puis avec un petit délai par notre diffuseur Volumen dans les librairies et sur Amazon.




La Cause du Désir n°92

Faire couple. Liaisons inconscientes.

(Les journées qui n’ont pas eu lieu)

Les 45es Journées de l’ECF n’ont pas eu lieu du fait des attentats qui frappèrent Paris dans la nuit du 13 au 14 novembre 2015. Ainsi s’inscrivent-elles de façon singulière, comme un trou, marque du réel dans le symbolique de la série.

Ce numéro de LCD en constitue le témoignage à plus d’un titre. Du travail de préparation et d’élaboration clinique qui les ont précédées. Du trauma individuel qu’a constitué chez chacun des participants et des inscrits leur annulation, conséquence du coup qui a été porté ce jour-là à la France et à Paris comme mode de vie et jouissance, et au-delà aux traces des Lumières, qui elles-mêmes n’ont pas été sans terreur. Mais aussi des effets de ce surgissement d’un réel qui prenait de plein fouet, toujours différemment, les amants de la psychanalyse.

Ce numéro porte la trace de l’explosion subjective que nous avons vécue. Fait de textes plus courts que d’habitude, il se présente plus éclaté, plus fragmentaire : un concert de voix, de positions singulières sur Faire couple. Deux cours fondamentaux de Jacques-Alain Miller, dégageant les coordonnées de ce qui fait ou ne fait pas couple chez le parlêtre, permettent cependant au lecteur d’opérer un changement de perspective sur les liaisons inconscientes. Enfin, une conversation à chaud, juste après les attentats, entre un des invités des J45, l’écrivain David Grossman, Christiane Alberti et Gil Caroz, constitue un moment de vérité d’une rare intensité.

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