Le Prélude de la déléguée régionale de l’ACF-Normandie

Prélude d’Avril

Avril 2016

Vendredi 1er avril 2016, par BB // ACF-NORMANDIE


Le 22 mars, le pire s’est à nouveau manifesté, à Bruxelles cette fois. Nous tenons à affirmer notre solidarité avec les victimes, leur famille et leurs amis dans le ravage qu’ils traversent ; nous pensons aussi tout particulièrement à nos collègues belges de l’ECF et de l’ACF Belgique. Plus que jamais la psychanalyse doit être présente, convoquée qu’elle est à contrer le réel en jeu dans la crise de décomposition des discours et à permettre à chacun de cerner et rendre plus vivable ce qu’il en est pour lui de la jouissance « mauvaise » qui l’habite.

Dans ce sens, la conférence donnée par Laurent Dupont le 22 mars justement, a amené du nouveau concernant l’adolescence, ou plus justement « après l’enfance » : s’appuyant sur son témoignage d’Analyste de l’Ecole (AE), il a attrapé « l’adolescence » comme le moment de « monter sur son escabeau » – ce concept du dernier enseignement de Lacan (mis en exergue et en série par J.-A. Miller avec le « sinthome » et le « parlêtre »), « ce sur quoi le parlêtre se hisse, monte pour se faire beau », croisement de la sublimation freudienne avec le narcissisme. D’où cette indication sur une clinique de l’adolescence qui pourrait être une clinique de l’escabeau : « Quels croisements entre le narcissisme et la sublimation le patient a-t-il opéré ou pas ? Sur quels escabeaux a-t-il pu monter pour se voir et se faire beau ? Comment le soutenir jusqu’à ce qu’il se mette au travail de son invention ? » Un « être quelque chose » s’est construit dans l’enfance à partir « des marques, traces, morsures, sur le corps propre du sujet, de la rencontre initiale avec le signifiant » ; à l’adolescence, cet être doit « s’incarner » pour être « inventé », par exemple en un « c’est ça être un garçon » – ici il faut le recours à des discours, la mise en jeu de l’image du corps, de pratiques du corps (tatouages, scarifications, mode, coiffure etc.) ou encore de détournements des objets de la science (portable, ordinateur etc.), autant de tentatives de donner sens à l’être. Laurent Dupont souligne avec justesse qu’avant de « brûler les escabeaux », encore faut-il les avoir érigés : « Ne brûlons pas les escabeaux qu’érigent les adolescents, ils sont souvent faits de certitudes, de bric et de broc, ils nous remettent en questions, ils nous dérangent, mais sans ces escabeaux que sommes-nous ? Que serions-nous si nous étions sans signification ? Ce n’est pas la même chose de découvrir que la signification est un semblant et de ne pas avoir de signification. » Voilà qui nous met au travail de la préparation de la prochaine Journée de l’Institut de l’Enfant – UPJL !

A l’occasion de la Journée internationale de l’autisme 2016, samedi 2 avril, l’association de parents La main à l’oreille nous invite à « une journée particulière, fruit et témoignage de leur rencontre au sein d’un groupe de travail parents-professionnels qui se réunit régulièrement depuis plus de deux ans » autour du thème « Faire avec… au désir de la rencontre », les témoignages et discussions y seront ponctués par les artistes des Chapiteaux Turbulents ! Voilà qui me permet de rebondir sur la préparation de la Journée clinique et d’étude que l’ACF-Normandie organise le 11 juin prochain à l’Ecole Nationale Supérieure Maritime (ENSM) du Havre sous le titre « Enfants singuliers, institutions dérangées. Les nouveaux spectres de la clinique : Qu’en dit la psychanalyse ? » Vous trouverez sur POL son argument. Nous vous attendons nombreux, car, là encore, c’est un thème d’une actualité brûlante, tant clinique qu’éthique et épistémologique. Une de nos invités sera Gracia Viscasillas, psychanalyste à Saragosse, travaillant avec de jeunes enfants « autistes » dans les Centre d’éducation infantile Patinete qu’elle a créé il y a plus de 20 ans. Vous avez pu lire la présentation du travail qui s’y fait dans le dernier POL, cette fois-ci vous pourrez lire le commentaire de Lydie Lemercier-Gemptel d’un autre texte « Au bord de l’Autre », qui nous invite à découvrir les modalités d’accueil particulières et progressives mises en place par l’équipe de Patinete pour Alberto, un enfant singulier.

Vous pourrez lire également dans POL une sorte de « postface » rédigée par nos collègues responsables de la soirée Arts-Connexion qui ont récemment organisé la projection suivie d’un débat très intéressant de « l’éblouissant » Œdipe-Roi de P. P. Pasolini. Elles nous annoncent d’ores et déjà une suite… avec une nouvelle soirée Pasolini le 4 juin prochain où sera projeté « Médée ». Enfin, pour finir ce « Prélude », avant le tout proche Congrès de l’AMP consacré au « Corps parlant », nous vous invitons à regarder la vidéo « Le corps du danseur » réalisé par le danseur performer Vladimir Dziomba. Loin de pouvoir « définir » ce corps du danseur, il nous le montre saisi « dans l’attente », mais toujours « entre avant et après », dans un « non rapport » qui rend possible une rencontre fortuite entre le corps du danseur et le regard du spectateur, entre la musique propre au corps dansant et la musique choisi au petit bonheur la chance par le futur spectateur.

Marie-Hélène Doguet-Dziomba,
Déléguée régionale de l’ACF-Normandie

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