Festival littéraire

Le Goût des Autres

21-24 Janvier 2016 - Le Havre

Lundi 1er février 2016, par MB // Evènements d’hier


Festival Littéraire

Le Goût des Autres

Depuis cinq ans, la ville du Havre organise ce Festival aux mêmes dates (fin janvier).

Je rappelle que le thème de l’an dernier fut l’humour et que les rencontres furent maintenues après les actes meurtriers qu’avait subis l’équipe de Charlie Hebdo.

Cette année le thème retenu fut :

L’amitié sous toutes ses formes, L’amitié en Littérature


Comment peut on évoquer cette émotion, ce sentiment complexe, tout à la fois stimulant et assez mystérieux qui lie des êtres humains ? Au terme de l’amitié on peut ajouter des termes tels que : camaraderie, tendresse, solidarité et fraternité et d’autres encore.

Voilà la tâche, le pari, qui ont été déployés durant ce week-end par des écrivains, musiciens, journalistes, acteurs, anthropologue, historien. Tous, avec leur singularité, ont essayé de démêler ce qui distingue l’amour de l’amitié ou ce qui fait la perméabilité, l’émergence de ces deux sentiments.

Ce fut un espace de recherche, s’appuyant sur la création littéraire. Cette littérature qui permet d’évoquer ces affects, de les approfondir. Dans la bouche de ces femmes et de ces hommes revenaient souvent les mots d’« imaginaire », « surgissement », « interrogation », lorsqu’ils évoquent le besoin d’écrire.

Il y eu un moment qui évoque la scansion de la séance. Ce fut l’instant, où cet écrivain, Claro, fit la lecture d’un texte qu’il avait rédigé tout spécialement pour ce festival. Dans ce texte, il remettait en cause cet engagement aveugle qui est pour lui l’amitié. S’appuyant sur les écrits de Proust ainsi que ceux de Molière à travers le personnage d‘Alceste, il ponctua sa thèse « Et si l’ami était un ennemi dont nous n’osons pas nous passer ? ».

L’entretien croisé d’un anthropologue et d’un historien nous ramena dans le cadre du XXIe siècle. Ils évoquèrent l’idéal dans la demande pour certains adolescents en ce qui concerne le sentiment d’amitié ; comment cet affect permet le passage des idéaux parentaux à celui des réseaux amicaux. L’échange se poursuivit avec une réflexion autour de l’outil d’internet, tel Facebook qui permet de rassembler « des amis » avec la question « veux-tu être mon ami ? » – interrogeant ce qui est du domaine privé et qui peut devenir public sans droit à l’oubli.

Le sublime clap de fin fut celui qui nous permit d’entendre la lecture d’un extrait du roman Jules et Jim de Henri Pierre Roché. Après toutes ces lectures qui évoquent une spirale venant entourer ce terme de l’amitié, la lecture de Jules et Jim s’appuyait d’une certaine manière sur les textes d’ouverture de ces journées, insistant sur la difficulté de définir ce qui fait lien d’amitié pour les femmes et les hommes.

Monique Ternon


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