Séminaire ACF 2015-16 – Bourg-Achard

L’Agora : lecture du séminaire X de Jacques Lacan, L’angoisse

Les Mercredis 16 septembre, 4 novembre, 6 janvier, 30 mars - 20h45

Lundi 24 août 2015, par MB // ACF 2015-16 : les archives


Béatrice Demuynck et Brigitte Lordi proposent un séminaire de lecture à Bourg-Achard. En ce début d’année 2015-16 la lecture du livre X du séminaire de Jacques Lacan se poursuit.

L’angoisse

- Mercredi 16 septembre : étude du chapitre 20 « Ce qui rentre par l’oreille » et du chapitre 21 « Le robinet de Piaget ».

- Mercredi 4 novembre : poursuite de l’étude du chapitre 20 « Ce qui rentre par l’oreille » et du chapitre 21 « Le robinet de Piaget ».

- Mercredi 6 janvier : fin de la lecture du séminaire de Lacan, livre X, L’angoisse

- Mercredi 30 mars : lecture du commentaire qu’a fait Jacques-Alain Miller du séminaire de Lacan, livre X, L’angoisse lors de son cours « L’orientation lacanienne » en 2004

Après la lecture du séminaire de Lacan, livre X, L’angoisse

Conclusion et perspectives...

Nous avons conclu la lecture du Séminaire X L’angoisse en présence d’Éric Blumel. L’objet a est au cœur de ce Séminaire dans la mesure où l’angoisse est la seule manifestation subjective de celui-ci. Au cours de ce Séminaire et dans le prolongement du Séminaire IX L’identification, Lacan sort l’objet a de son statut imaginaire pour en faire un objet non spécularisable et souligner son appartenance au registre du Réel. Il passe ainsi du statut d’objet du désir au statut d’objet cause du désir.

Lacan évoque également l’objet narcissique i(a) à travers l’idée d’un objet réel déguisé, voilé par l’objet imaginaire, par le fantasme. L’objet narcissique trouve son modèle dans le stade du miroir à travers l’appropriation de notre image. Ce corps, c’est moi ! Ce stade est basé sur l’illusion d’autonomie, d’unité corporelle et de maitrise. Cette illusion me fait l’aimer et m’aimer. Dans le registre de l’amour, l’objet réel qui en est la racine est habillé par l’objet narcissique via le fantasme, ce qui confère à l’amour un statut imaginaire. On parle d’âme sœur, d’alter ego. La dimension narcissique est particulièrement illustrée par ces expressions.

A la naissance le sujet est constitué par sa prise dans le langage, dans la chaîne signifiante de l’Autre. De son unité de jouissance primitive, un reste de jouissance du corps demeurera hors de l’image spéculaire faisant de lui un être marqué du manque. Ce moment n’est pas d’emblée accessible, atteignable et c’est là que se constituent la cause du désir et de l’angoisse.

L’angoisse apparait lorsque le sujet rencontre l’objet a dévoilé. Elle représente l’une des défenses contre la jouissance, l’autre est le désir à travers le fantasme. Le fantasme est le support du désir. L’angoisse se situe entre la jouissance et le désir. Elle ne renvoie pas à la jouissance du corps morcelé du schizophrène mais à un signal du moi, comme l’a souligné Freud. Un moi qui souligne encore une unité, une certaine maitrise. Lacan se démarque de Freud en précisant que l’angoisse n’est pas une peur sans objet dans la mesure où il fait de l’objet a son objet et vient souligner par cet intermédiaire en quoi l’angoisse n’est pas forcément quelque chose d’horrible puisqu’elle peut conduire, annoncer l’objet cause du désir. En effet, ces trois éléments (jouissance, angoisse, désir) sont sur un même vecteur, une voie de passage qui fonctionne dans les deux sens et pas uniquement du désir à la jouissance lorsque l’objet a se trouve dévoilé. Dans le travail d’analyse, en isolant l’objet cause du désir, cela ouvre la voie au désir qui tend vers l’objet du désir.

Pour illustrer malgré tout ce passage du désir à la jouissance, Lacan fait référence à Hamlet. Quand Hamlet constate que sa mère n’est pas en deuil de son père, son désir s’effondre. L’absence de tristesse de la mère souligne la chute du père imaginé comme idéal. Il ne représente plus la clé du désir œdipien. Si le désir s’éteint, le sujet déprime voire devient mélancolique et se retrouve ainsi confronté à la jouissance en étant lui-même identifié à l’objet déchet. Hamlet n’a plus de désir et reste indifférent à sa femme. Ce n’est que dans un rapport en miroir avec le frère d’Ophélie que celui-ci peut à nouveau désirer. En effet, Ophélie meurt noyée. Hamlet ne ressent rien tant qu’il n’est pas confronté à la tristesse du frère d’Ophélie. Cette relation purement spéculaire réinstaure l’objet imaginaire i(a). L’objet a est à nouveau voilé, pris dans le fantasme. Il se jette, à l’image de son beau-frère, dans la tombe. Ainsi la question du deuil est abordée.

Face à la perte d’une personne, il est très fréquent de partager les souvenirs que nous avons eu avec elle. Nous retissons un bord à ce qui est devenu un trou à partir du symbolique et de l’imaginaire. On restaure ainsi l’objet a pour le remettre en position d’objet cause du désir afin que nous puissions à nouveau désirer et lutter contre la tristesse. Il s’agit d’un deuil pathologique lorsque le sujet reste confronté à un pur trou sans avoir la possibilité d’avoir recours à l’imaginaire et au symbolique.

Lacan précise également que l’objet cause du désir de l’obsessionnel sont les fèces à travers la question du don et de la rétention. Ainsi la demande est extrêmement valorisée par l’obsessionnel car elle le protège de son désir. Il fétichise la demande de sa femme alors que le désir hystérique est de se faire désirer. Il énumère différents objets a tels que le sein, les fèces, la voix et le regard.

Éric Blumel a mis en lien la clinique de l’obsessionnel et l’objet regard à travers le lien établi entre la toute-puissance et la dimension scopique. En effet Dieu peut être représenté par un œil dans la mesure où il voit tout et se représente le monde entier en perspective. Cela renvoie chez l’obsessionnel à un fantasme de contrôle en rêvant de pouvoir régler le monde entier du côté du savoir. Il cherche la maitrise du monde et de l’espace.

Le séminaire X qui revisite les différents objets a et leurs articulations aux développements pré et post œdipiens, nous proposons de le poursuivre à la lecture du commentaire qu’en a fait Jacques-Alain Miller lors de son cours « L’orientation lacanienne » en 2004. Nous démarrerons ce travail le 30 mars à 20h45 à l’Agora de Bourg Achard.

Ce séminaire a lieu à 20h45, les mercredi 16 septembre, 4 novembre 2015, 6 janvier, 30 mars 2016.

L’Agora, 150 grande-rue (face à la mairie) à Bourg-Achard (27)
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Renseignements :
Béatrice Demuynck 06 85 12 69 29


Brigitte Lordi 06 61 96 92 67


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