Université Populaire Jacques-Lacan

IRONIK ! Le bulletin Uforca

Numéro 3 – décembre 2014

Jeudi 18 décembre 2014, par BB // IRONIK !, le bulletin Uforca


Encore un pas

L’ironie érode la concrétion des discours et ce qu’ils contiennent de divagations. Pour atteindre le langage, c’est un bon début. Mais la poésie, par l’écriture qu’elle opère, va plus loin.
Au fur et à mesure de son enseignement, Lacan convoque le poète pour faire entendre la spécificité de son rapport au signifiant et à la lettre qui, elle, ne s’émet pas du semblant. Cela tire à conséquence.
Ainsi il n’y a pas La poésie. La poésie n’existe pas. Il y a des poésies, qui produisent des poètes. Et Lacan ne les interprète pas, ne les déchiffre pas : il repère le réel qu’elles écrivent. Chaque poète invente sa propre langue et s’adresse au corps qu’elle crée. Son style est la trace de ce geste.
Il y a des poètes qui par leur usage pratique de la lettre produisent un effet de trou dans le sens. Par leur écriture, un par un, ils créent un nouveau réel qui en procède. En 2002, Jacques-Alain Miller invitait dans son cours le psychanalyste, celui qui interprète, à un effort de poésie, à la hauteur de cette absence de sens, cet ab-sens, cet ab-sexe.
Un effort, parce que cela ne va pas de soi et demande de la discipline.
Alors, PAS-À-LIRE les poètes ?

Ironikement vôtre,
Marie Laurent

Poétik ?

Ce nouveau numéro d’ Ironik ! est une invitation à partager l’enseignement, toujours mesurable dans l’après-coup, de quelques poètes. Dans le séminaire V Lacan fait de la poésie « une concaténation bien faite », une articulation signifiante. Pourtant, c’est bien à l’horizon du réel que se dessine l’acte poétique.
Armelle Gaydon propose : est poète celui qui questionne le point aveugle de la langue, engage son être dans l’impossible à dire. « Le poète modifie les amarres de votre être », il produit un changement de discours mais pas sans amour. Saint Jean de la Croix, dans l’expérience mystique de la nuit obscure rencontre la jouissance hors phallus. Malgré le caractère indicible de cette expérience, il tente d’enseigner les conditions d’accès au divin. Françoise Haccoun en parle.
« Oublions nos corps, mais rallions les », Josiane Paccaud-Huguet nous rend sensible à la pointe du style de John Donne qui propose un abord poétique du désir, pas sans dérangement.
Quelle solution pour un sujet désarrimé, hors symbolique ? François Augérias prend appui sur le réel « inscrit dans le ciel et le soleil », ainsi il parvient à loger son être. Philippe Lacadée raconte. Mais qui est Valentin Brû ? Un héros de la néantisation hégélienne ? Notre intrus, a-poétique, à la vie bien pleine et sans angoisse ? Vous le saurez en vous plongeant dans l’article de Benoit Marsault.

Bonne lecture.
Dominique Szulzynger, pour le cartel Ironik !

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Sommaire

SANS TITRE, 2014
Armelle Gaydon
« Le point de cessation, cette zone où le discours défaille, produit une action sur le discours. Il fonctionne comme le point aveugle de la langue. Ce point aveugle est à l’horizon d’une analyse. Il est aussi ce autour de quoi toute œuvre d’artiste s’organise, car l’artiste est celui qui jamais ne tient ce réel pour rien et sans cesse y fait retour… »

UN MYSTIQUE DOUÉ, SAINT JEAN DE LA CROIX
Françoise Haccoun
« La mystique, pour Lacan est à prendre au sérieux. Comment en traduire l’incommunicable, comment parler de l’indicible qui marque l’hétérogénéité de l’anatomie et du signifiant ?... »

LE DÉSIR VISE EN LUI-MÊME
Josiane Paccaud-Huguet
« Lacan suggère que le rapport poétique au désir s’accommode mal « de la peinture de son objet ». Il oppose la poésie figurative à la poésie métaphysique de John Donne… »

L’HOMME SOLITAIRE ET LA VOIX DU RÉEL
Philippe Lacadée
« François Augiéras, artiste-écrivain pour qui le réel était la nature éclaire comment le réel s’appelait nature… »

« LE DIMANCHE DE LA VIE » DANS LE SÉMINAIRE VI
Benoit Marsault
« Elle ne nous suffit pas, elle ne nous satisfait pas, cette néantisation dont les philosophes font leur dimanche, et même leur dimanche de la vie… »

LE SUPPOSÉ SAVOIR QUELLE EST LA VRAIE VALEUR DE L’ARGENT
Gilles Chatenay
« Pendant ses années de gloire, Arnold Greenspan a été supposé savoir quelle était la vraie valeur de l’argent. Ses interprétations faisaient fonction de régulation… »

LA FAUTE/MER
Jacqueline Dhéret
« La cellule de soutien psychologique, avec ce procès, a fait son entrée au tribunal. Ce n’est pas rien… »

LACAN SANS DESSUS DESSOUS
Clotilde Leguil interviewe Jo Attié

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