Séminaire ACF 2014-15 - Rouen

Les fins d’analyse dans l’enseignement de Lacan

Les lundis 17 nov., 15 déc. 2014, 19 janv., 16 fév., 16 mars, 20 avril, 18 mai, 15 juin 2015

Vendredi 19 septembre 2014, par MB // ACF 2014-15 : les archives


L’intérêt porté aux points vifs qui font butée dans la psychanalyse nous a amenés à nous intéresser lors de la session précédente aux fins d’analyse dans l’œuvre de Freud.
Nous allons maintenant aborder les fins d’analyse dans l’enseignement de Lacan et, lors de cette session, plus spécialement le retour à Freud opéré par Lacan jusqu’à son invention de l’objet a.

Huit soirées sont prévues en l’Hôtel des Sociétés savantes à Rouen.
Ce séminaire est ouvert à tous.




- Au programme des séances de travail : Après avoir étudié l’écrit de Lacan Fonction et champ de la parole et du langage en psychanalyse ainsi que la première partie du Séminaire, livre I, de Jacques Lacan, nous poursuivrons par la lecture de la fin de ce Séminaire, livre I, puis la lecture des Séminaires livres II et III.

- Lundi 19 janvier :
Lors de cette séance, nous avons étudié le Séminaire, livre II, Le moi dans la théorie de Freud et dans la technique de la psychanalyse. Lacan y part en guerre contre les tenants du maniement de la relation d’objet dans le cadre d’une relation analytique conçue comme duelle entre deux moi, celui de l’analysant et celui de l’analyste, qui mène à une identification imaginaire au moi de l’analyste en fin de cure. Cette façon de procéder méconnaît l’autonomie de l’ordre symbolique dans lequel le sujet demande à se faire reconnaître.
Lacan met en place dans ce séminaire le schéma L où l’Autre, où le discours de l’Autre, c’est le discours dans lequel le sujet est intégré : il en est l’un des chaînons. L’inconscient est le discours de l’Autre.
Nous y avons noté quelques propos de Lacan sur la fin de la cure :
- « Si l’on forme des analystes, c’est pour qu’il y ait des sujets tels que chez eux le moi soit absent. C’est l’idéal de l’analyse qui, bien entendu, reste virtuel. »
- « Ne croyez pas pour autant que le moi soit volatilisé après une analyse [...], on ne monte pas dans le ciel, désincarné et pur symbole. »
- « A la fin de l’analyse, c’est le sujet qui doit avoir la parole et entrer en relation avec les vrais Autres. »
- Et une phrase qui évoque déjà l’au-delà de l’Oedipe : « La fin de l’analyse d’Oedipe s’achève à Colone quand Oedipe dit ceci : ” Est ce que c’est maintenant que je ne suis rien que je deviens un homme ?” (après qu’il se soit arraché la figure). »

- Lundi 16 février :
Nous avons vu que dans le Séminaire III, Les psychoses, une seule phrase se rapporte à la fin de l’analyse. On la trouve page 180-181 :
« Le sujet commence par parler de lui, il ne parle pas à vous – ensuite, il parle à vous, mais il ne parle pas de lui – quand il aura parlé de lui, qui aura sensiblement changé dans l’intervalle, à vous, nous serons arrivés à la fin de l’analyse. »

Dans le paragraphe suivant, Lacan évoque ce qu’il en est de la position de l’analyste :
« Si on veut placer l’analyste dans ce schéma de la parole du sujet, on peut dire qu’il est quelque part en A (du schéma L de Lacan). Du moins, il doit y être. S’il entre dans le couplage de la résistance, ce qu’on lui apprend justement à ne pas faire, alors il parle de a’, et c’est dans le sujet qu’il se verra. Cela se produit de la façon la plus naturelle s’il n’est pas analysé – ce qui arrive de temps en temps, et je dirai même que, d’un certain côté, l’analyste n’est jamais complètement analyste, pour la simple raison qu’il est homme, et qu’il participe lui aussi aux mécanismes imaginaires qui font obstacle au passage de la parole. Il s’agit pour lui de ne pas s’identifier au sujet, d’être assez mort pour ne pas être pris dans la relation imaginaire, à l’intérieur de laquelle il est toujours sollicité d’intervenir, et de permettre la progressive migration de l’image du sujet vers le S, la chose à révéler, la chose qui n’a pas de nom, qui ne peut trouver son nom que pour autant que le circuit s’achèvera directement de S vers A. Ce que le sujet avait à dire à travers son faux discours trouvera d’autant plus facilement un passage que l’économie de la relation imaginaire aura été progressivement amenuisée. »

- Lundi 16 mars :
Lors de cette séance de travail nous avons étudié divers écrits de 1955 et 1956. Nous en évoquerons deux :
- Tout d’abord « Variantes de la cure-type1 », écrit dans lequel Lacan effectue une véritable subversion. La cure-type se réduit à un seul critère : « une psychanalyse, type ou non, est la cure qu’on attend d’un psychanalyste ». La question ne se pose donc plus du côté de la psychanalyse, mais du psychanalyste. Qu‘exiger alors du psychanalyste ? Qu’il ait réduit tous les prestiges de son Moi pour accéder à l’être-pour-la-mort, et aucun autre savoir « ne peut avoir sa préférence pour qu’il en fasse un pouvoir ». Alors il peut « répondre au sujet de la place où il veut, mais il ne veut plus rien qui détermine cette place ». Mais que doit savoir, dans l’analyse, l’analyste ? Lacan évoque la docte ignorance, texte de 1440 de Nicolas de Cues, qui est la reconnaissance de son ignorance, un savoir ne pas savoir.
- L’autre écrit est « La chose freudienne2 ». Lacan précise que l’analyste intervient en faisant le mort, « soit par son silence là où il est l’Autre avec un grand A, soit en annulant sa propre résistance là où il est l’autre avec un petit a. Dans les deux cas et sous les incidences respectives du symbolique et de l’imaginaire, il présentifie la mort. »

Notes :
1 Jacques Lacan, « Variantes de la cure-type » (1955) dans Ecrits, Le Champ Freudien, Seuil, 1966, p. 323-362
2 Jacques Lacan, « La chose freudienne » (1955) dans Ecrits, Le Champ Freudien, Seuil, 1966, p. 401-436

- Lundi 20 avril :

- Lundi 18 mai : prochaine séance de travail



Ce séminaire est organisé par Jean-Louis Woerlé, membre de l’ECF et de l’ACF-Normandie.

Il aura lieu de 21h à 23h les lundis 17 novembre 2014, 15 décembre 2014, 19 janvier 2015, 16 février 2015, 16 mars 2015, 20 avril 2015, 18 mai 2015 et 15 juin 2015.

Hôtel des sociétés savantes, 190 rue Beauvoisine, Rouen (76)

Consulter le plan d’accès.

Renseignements :
Jean-Louis Woerlé : 02 35 88 77 91

Participation aux frais : 5 € par soirée, ou 20 € pour l’ensemble des séminaires proposés par l’ACF-Normandie. Gratuit pour les étudiants.



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