Séminaire ACF 2011-12 — Evreux

Le symptôme, du sens à la cause

Les lundis 7 nov., 12 déc. 2011, 13 fév., 26 mars, 16 avr. et 14 mai 2012.

Vendredi 4 novembre 2011, par BB // ACF 2011-12 : les archives


Les sujets que nous recevons en institution souffrent de symptômes mais la demande de soins ne vient pas nécessairement d’eux. Elle peut être portée par l’Autre : l’école pour les enfants présentant des troubles des conduites, la justice pour les toxicomanes et pour les dits « agresseurs sexuels », l’entourage pour les délirants etc…
Depuis Freud et l’avènement de la psychanalyse, les psys orientés par la psychanalyse, quelque soit le lieu de leur pratique, reconnaissent que le symptôme a un sens. Cependant, pour le sujet, le sens de ses symptômes lui est inconnu. Un premier temps des entretiens est consacré à interpréter ce sens des symptômes, à rendre conscient ce qui était inconscient. Les symptômes deviennent moins envahissants au fur et à mesure qu’ils sont vidés de leur sens.

Au début de son enseignement, Lacan aborde le symptôme suivant ce schéma, en se référant au langage, à l’Autre trésor des signifiants. Dans cette perspective, l’interprétation vise un effet de vérité ; il en est attendu la disparition du symptôme.

Cependant, dès les débuts de sa pratique, Lacan, comme Freud avant lui, est confronté à des restes de symptôme irréductibles que le sens ne parvient pas à épuiser. Pour Freud, ces restes symptomatiques relèvent de la pulsion de mort. Lacan, dès 1972-1973, pour lire ces restes, forge le concept de jouissance. Il relève que le rapport du corps à lui-même est autistique. Or, note Jacques-Alain Miller, « ce qui distingue le corps de l’être parlant, c’est que sa jouissance subit l’incidence de la parole* ».
La rencontre de la langue et du corps est traumatique, cette rencontre crée un « événement de corps » précise J.-A. Miller. Le symptôme reprend et répète cette incidence traumatique première de la langue sur le corps, ce que Freud avait appréhendé quand il écrivait que le symptôme est « le signe et le substitut d’une satisfaction pulsionnelle qui n’a pas eu lieu** ».

Le déchiffrage de la vérité du symptôme dans le travail de la cure conduit le sujet qui s’adresse à un analyste du sens du symptôme à sa cause ; cette cause se dégage comme événement de corps et s’inscrit dans le registre du hors sens. Ce point de « fixité de la jouissance » tient à la pulsion ; elle ne cesse pas. D’où la prudence de Lacan concernant l’arrêt de la cure quand il énonce : « Quand l’analysant est heureux de vivre, c’est assez.*** » Cependant, le désir de l’analyste peut être convoqué pour soutenir l’émergence du désir du côté de l’analysant, un désir qui le porte, après un cheminement souvent long, à se confronter à la part d’incurable du symptôme pour en faire un nouvel usage, vivifiant et non mortifère, comme en témoignent les Analystes de l’Ecole de la Cause freudienne.

* Miller J.-A., « Lire un symptôme », Mental, Revue de l’EuroFédération de psychanalyse, n° 26, juin 2011, pp. 49-58.
** Freud S., Inhibition, symptôme et angoisse, PUF, Paris, 1981, p. 7.
*** Lacan J., « Yale University Seminar », Scilicet 6/7, 1975, p. 15.

La première soirée de ce séminaire d’étude sera consacrée à introduire le thème de l’année.
Pour la suite, chacun des participants est invité à proposer un cas clinique de sa pratique, en essayant de dégager les coordonnées du symptôme dans son rapport au langage.

- Lundi 7 novembre 2011
Pour introduire le thème de l’année « Le devenir du symptôme dans la cure analytique, du sens à la cause », nous nous appuierons sur le cas du petit Hans, à travers ce qu’en a écrit Freud tout au long de son enseignement puis Lacan. La phobie de ce petit garçon peut se lire suivant deux directions, d’une part sur le versant du sens et d’autre part comme rencontre entre les mots de la langue maternelle et le corps. Nous suivrons pas à pas chacune de ces lectures pour en extraire un enseignement plus général, qui nous guide dans notre travail auprès de ceux qui s’adressent à nous.
- Lun. 13 fév. 2012
Annulé en raison des conditions climatiques et reporté au 26 mars.
- Lundi 26 mars 2012
Sous le titre « Une histoire singulière de maternité, le déni de grossesse » nous aborderons pour cette troisième soirée, la question de ce que peut signifier pour une femme « mettre au monde un enfant » à partir d’un cas de déni de grossesse. 
- Lundi 16 avril 2012
Une jeune fille en grand désarroi rencontre une psychologue au CMP ; son abandon fait énigme pour elle, et elle y loge la persécution qui depuis de longues années ne la lâche plus. Quelle place trouver dans l’Autre ? Comment cette adolescente fait-elle face aux bouleversements de son adolescence et aux symptômes qui la traversent ?
Laurence Morel fera part de son travail avec cette patiente, et des points d’impasse rencontrés.
- Lundi 14 mai 2012
Nous clôturerons le séminaire d’étude « Le symptôme : du sens à la cause » par une intervention de l’équipe de l’Hôpital de jour d’Evreux.
Ce garçon redouble sa 5e de collège, malgré un travail entrepris dans le soin. Et les notes ne s’améliorent pas, et même voisinent avec le rien.
Une phobie scolaire ? Ce garçon est-il paresseux, comme nous le dit son papa ? Ou bien est-il spécialement fatigué, voire malin selon sa maman ?
Le psychiatre qui l’a reçu ne comprend pas pourquoi il est aussi inhibé, car il a à sa disposition un langage normal, et ne présente pas de troubles du comportement. En groupe, il ne se souvient pas de ce qu’il a fait l’instant d’avant, et donne des réponses décalées, ce qui impressionne beaucoup ses camarades et rend les conversations difficiles.
Grâce à la rencontre avec les soignants, nous découvrons qu’il craint l’intrusion. Ce garçon est en difficulté avec la construction de son corps. C’est ce qui sera déployé lors de la rencontre.

Ce séminaire est organisé par Valérie Pera-Guillot, membre de l’ECF.

Il aura lieu de 17h30 à 19h00 les lundis 7 novembre, 12 décembre 2011, Lun. 13 fév. 2012 Annulé en raison des conditions climatiques, 26 mars, 16 avril et 14 mai 2012.

Salle de réunion de l’USN, Secteur 27G03, Centre Hospitalier de Navarre — 27000 EVREUX (nous serons amenés à changer de salle en cours d’année).
Consulter le Plan d’accès.

Ces soirées sont gratuites et ouvertes à tous les personnels du CHS, ainsi qu’aux personnes extérieures à l’établissement qui voudraient y participer.
Nous demandons cependant que les intéressés se fassent connaître en adressant un mail à Valérie Pera.

Inscription ou renseignements par mail :

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