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Publié le dimanche 31 janvier 2021

L’Edito de la déléguée régionale de l’ACF-Normandie

Calligraphies

Février 2021

Du nouveau !


Avant la fin du mois de janvier, traditionnellement nous devons exprimer nos vœux pour l’année qui débute. Sous quels auspices pouvons-nous inscrire nos souhaits pour la psychanalyse et les membres de notre association pour l’étude de la psychanalyse ?
Comment faire pour évoquer des signifiants de bonnes intentions qui ne diront pas d’avance le ratage comme déjà programmé ?

Je parie donc sur la nouveauté. L’invention issue de la réflexion et du travail avec un peu de hasard, comme nous les rappelle le poète de « La brouette ou les grandes inventions1 ». La nécessité où nous sommes de ne pouvoir à nouveau nous déplacer et nous réunir dans ces discussions qui nous sont chères et qui sont notre méthode de travail, entre spontanéité et réflexion, nourrie d’érudition, cette nécessité devient liberté de la création dans la rencontre contingente du nouveau.
Tout de suite la nouveauté, c’est la Question d’École qui se déployait il y a peu à l’école de la Cause freudienne, vous avez reçu l’argument diffusés sur nos listes.
Le thème ? Le Fake. Tout simplement. J’en suis encore éblouie. La visioconférence n’a pas que des défauts.
Juste un point : nous connaissions l’éthique des bonnes intentions. Nous en connaissions aussi les ravages. Par exemple, quand le (encore) Président Trump invitait si gentiment ses partisans à faire une petite promenade, « juste un peu descendre l’avenue » qui s’ouvrait devant eux, juste comme ça ! C’est si calme, où est le problème ? Ce qui s’est passé après a-t-il un rapport avec ce qui a été dit avant et qui ne concerne en rien ce qui s’est passé ? Puisque l’intention était si bonne. Une promenade, cela ne peut pas être grave, non ?
Nous connaissions aussi notre éthique, enseignée par Lacan et dépliée dans le Séminaire VII, L’Éthique de la psychanalyse, celle qui tient compte non pas de nos intentions bonnes ou mauvaises !, mais bien des conséquences de ce que produit l’acte. Éthique qui associe dans ses conséquences même l’action de l’autre, des autres, et aussi une composante plus délicate à isoler, ce que nous appelons « réel » après Lacan. C’est-à-dire l’imprévisible absolu. L’impossible même.
Gil Caroz a présenté lors de cette réunion Question d’École encore une autre modalité, récente, dont nous devrons certainement tenir compte : l’éthique de la non-intention.
C’est l’éthique qui a saisi que les bonnes intentions peuvent tourner au rebours de ce qu’elles entendent promouvoir, et donc, qui promeut une égalité de traitement de toutes les opinions : c’est l’égalité qui est aux commandes, toujours pas le résultat.
Cela donne une égalité « algorithmique » qui considère que entre deux « bonnes idées » mais qui se contredisent l’une l’autre, cela ne fait pas une exclusion, une vraie et une fausse. Non, cela fait tout simplement deux opinions. Aussi valables (ou non) l’une que l’autre : à vous de choisir !, toujours d’accord avec vous !, oui, c’est bien vous qui allez supporter les conséquences…
Sauf que nulle part n’est évoqué le simple fait qu’il y a des choses que nous ne pouvons pas prévoir. Gil Caroz argumentait que c’était la question de la possibilité de l’inconscient qui était évacuée dans cette éthique. Nulle place pour dire « ah non, je ne l’ai pas fait ! J’aurai dû y penser ». Ou bien « je me suis trompée ! » Pour ne pas citer la nécessité de reconnaître sa mère en commençant par dire « ce n’était pas ma mère », ce que cite Freud à propos du rêve d’un patient, dont le commentaire premier était pour nier ce dont il est question dans ce rêve. En effet, comment savoir ce dont il est question dans un rêve, si ce n’est pas – au moins parfois, sinon toujours – dire « ce n’est pas cela » ?
Cette éthique de la non-intention a permis au dirigeant d’un célèbre réseau social de répondre qu’il n’avait jamais eu l’intention de faire de l’argent avec les données des personnes abonnées accumulées sur ses machines – en toute innocence, ou ingénuité.
Hum. Pas plus de commentaire.
Nous aurons sans doute le plaisir de lire les interventions, dont celle de Marie-Claude Sureau qui s’articule en une diagonale (relevée dans l’argument) prélevée dans la leçon du cours de Jacques-Alain Miller du 12 mars 2008 et publiée dans le n° 106 de La Cause du désir. « Le commencement, qui s’ordonne à la psychanalyse du sujet, trouve comme en diagonale sa fin dans la psychanalyse du parlêtre. »

Alors ? Quel nouveau ? Ce qui a été prévu bien sûr. Pas la routine normale, car le normal a disparu avec le monde d’hier (titre d’un livre de Stefan Zweig). Il reste donc le nouveau et la nécessité d’inventer, de créer.

Le séminaire interne, sans doute en visioconférence au vu du temps qu’il fait. Le sujet est toujours « Que devient la jouissance dans l’expérience analytique ».
Le programme de la séance du 6 Février comprend la lecture de la leçon du 14 janvier 2009 du cours de J.-A. Miller « Choses de finesses en psychanalyse » parue dans le n°77 de la revue de La Cause freudienne - « Une psychanalyse a structure de fiction » ; et la leçon du 1er avril 2009 parue dans le n°92 de la Revue de La Cause freudienne - « La vérité fait couple avec le sens ». Interviendront Marie Izard et Marie Hélène Pottier.
Nous vous demanderons une participation aux frais de 10 euros pour chaque séance, à régler par chèque que vous voudrez bien m’adresser au 28 Rue Saint Martin – 27180 Claville. N’oubliez pas de vous inscrire en adressant un mail à la déléguée régionale afin de recevoir le lien de la visioconférence le samedi 6 Février à 14h 30.

JPEGLe 10 Février, le séminaire Schmilblick, un lieu pour parler des pratiques, première face du séminaire Janus, se tiendra selon des modalités qui ne sont pas encore définies mais probablement en visioconférence.

Le 12, c’est la conférence d’Angèle Terrier qui est prévue sur « La sexuation des enfants », thème de la Journée de l’Institut de l’Enfant que vous pouvez suivre sur le site de l’Institut.

JPEGLe séminaire Janus, deuxième côté : Alpha plus Bêta, un lieu pour parler de la théorie, nous réunira le mercredi 17 février.

JPEGLe travail pour la rencontre du Havre (mise à l’abri des aléas nous l’espérons, en raison de sa date proche de l’été) se poursuit, avec la parution du Préliminaires n° 3, avec de nouvelles contributions dont un beau texte de Jean-Louis Woerlé sur « Les maladies de la mentalité et les maladies de l’Autre ».



Enfin, un groupe se met au travail de célébrer les écrivains normands. Nous avons grâce à une discussion impromptue sur les lectures, découvert – enfin, « nous », euh, non : Marion Maurel qui est responsable de la librairie – que si nous sommes dans l’année Flaubert, pour le 200e anniversaire de sa naissance, en décembre le 12, un autre écrivain, le romancier le plus lu dans le monde (actuellement !), est né lui aussi à Rouen entre les mains du Dr Flaubert père, en 1864 : il s’agit de Maurice Leblanc, créateur d’Arsène Lupin. Mais chut, c’est une autre histoire…
Cette histoire a une morale : « Il faut toujours discuter de choses à plusieurs. C’est l’essence de la démocratie. Et puis il faut en rire ».

Bonne année d’études et de rire !
A suivre.

Catherine Grosbois, Déléguée régionale de l’ACF en Normandie.

Note :
1 « Le paon fait la roue, le hasard fait le reste, Dieu s’assoit dedans et l’homme le pousse. », Jacques Prévert, « La Brouette ou les grandes inventions », Paroles, Gallimard 1976.

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