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Publié le dimanche 27 décembre 2020

ECF - Question d’Ecole

Le Fake

Samedi 23 janvier 2020 - en visioconférence

L’Ecole de la Cause freudienne propose une journée d’étude – Question d’École – le samedi 23 janvier 2021 de 9h15 à 17h45 en visioconférence :

Le Fake


Question d’École , comme vous le savez, est le rendez-vous annuel pour qui veut se tenir sur la brèche des questions brûlantes de la psychanalyse d’orientation lacanienne.


ARGUMENT


Le Fake a envahi en quelques années le langage concret que parlent les gens1. Il dénonce une vérité, marquant son inconsistance, et renvoie à l’idée d’une contre-vérité dans un système de dénonciation en poupées russes : chaque vérité serait un Fake qui cacherait une autre vérité, Fake elle-même, et ainsi de suite… Le Fake témoigne alors d’un besoin immodéré de donner du sens, un sens ultime, une vérité absolue, dire le vrai sur le vrai et conduit aux théories du complot les plus délirantes.

Il faut reconnaître que la vérité est suspecte, comment oublier tout ce qui a pu s’opérer de massacre au nom de La vérité. Il y a donc un paradoxe de la vérité que recouvre le mot Fake : d’un côté l’idée d’une pureté de la vérité, une vérité Une qui exclurait toutes les autres, pouvant mener au pire et, d’un autre côté, le relativisme absolu : il n’y a pas de vérité, tentation de faire disparaître toute notion de vérité, renvoyant à une inconsistance de l’Autre.

Ce paradoxe s’entend dans ce que disait Jacques-Alain Miller : « Dès que l’on suppose les manigances de l’Autre, il n’est aucun fait qui ne s’explique, et l’absence de fait aussi bien. Vous objectez que les preuves manquent ? C’est qu’elles ont été soustraites. Fût-ce à coups d’interprétations délirantes, le complotiste dissipe les mystères. Il vous démontre à sa façon que le réel est rationnel. Autrement dit, il simule le savoir scientifique2. »

Lacan a tenu les deux bouts de la ficelle de ce paradoxe pour donner une lecture de la vérité qui peut nous orienter aujourd’hui. Pour la psychanalyse, la vérité, l’amour de la vérité est d’abord support du transfert et permet l’instauration du sujet supposé savoir. Il faut une longue analyse pour qu’un sujet entende sa vérité comme menteuse, soit un au-delà de la vérité, repérage dans l’analyse de son statut de fiction et de l’importance des semblants comme réponse. Ainsi, pour la psychanalyse, La vérité, à l’instar de La femme, n’existe pas. Elle se construit au un par un, singulièrement, dans un travail d’élaboration sous transfert pour qu’en fin d’analyse, ces fictions se détachent. Il y a donc une éthique de la vérité. « Le commencement, qui s’ordonne à la psychanalyse du sujet, trouve comme en diagonale sa fin dans la psychanalyse du parlêtre. La question sur le sens de désir et la vérité trouve sa réponse de satisfaction, ce qui suppose que les moires de la vérité se soient éteintes et son mirage volatilisé3. »

Lacan ne s’oriente pas du vrai mais du non-rapport sexuel au regard duquel le sens, l’objet a, le langage même… sont des semblants, des élucubrations, la vérité est menteuse. Ce n’est donc pas le même délire, celui que déclenche l’inconsistance de l’Autre et ce qui se repère, en fin d’analyse, de la rencontre d’un sujet avec ce point de l’inexistence de l’Autre.

Question d’École vous propose d’interroger le statut et les paradoxes de la vérité à l’heure du Fake.

Laurent Dupont, président de l’ECF

Notes :
1 Cf. Lacan J., « De la structure comme immixtion d’une altérité préalable à un sujet quelconque. Conférence à Baltimore, 1966 »,
La Cause du désir, n° 94, octobre 2016, p. 9.
2 Miller J.- A., « Dès qu’on parle on complote », Le Point, 15.12.2011.
3 Miller J.- A., « Psychanalyse en immersion » (2008), La Cause du désir, n° 106, novembre 2020, p. 30.


PROGRAMME



- 9h15 - Introduction, Laurent Dupont, Président de l’ECF

- 9h30 - Sur un discours qui contre le Fake , Anaëlle Lebovitz Quenehen
Discutant : Eric Zuliani

- 9h55 - Faire vrai, Victoria Horne Reinoso, AE
Discutant : Guy Briole

- 10h20 - Parler à l’heure du Fake , Francesca Biagi Chai
Discutante : Angèle Terrier

- 10h45 - Décolle-ment, Guy Poblome, AE
Discutante : Lilia Mahjoub

- 11h10 - Duplicité, leurre, tromperie. De qui se moque-t-on ?, Yves Vanderveken
Discutante : Pascale Fari

- 11h35 - Un vaccin contre les illusions, Hervé Damase
Discutant : Laurent Dumoulin

- 12h - Fake News, optimisme ou pessimisme ? , Marie-Hélène Brousse
Discutant : Alexandre Stevens

- 12h25 - PAUSE

- 14h - L’éthique de la non-intention, Gil Caroz
Discutante : Caroline Leduc

- 14h25 - Une vérité sans fard, Bernard Lecœur
Discutante : Carole Delawanbrechies La Sagna

- 14h50 - Quela vérité se spécifie d’être poétique, Myriam Chérel
Discutant : Anna Aromi

- 15h15- Un trop grand amour de la vérité, Catherine Lazarus-Matet
Discutant : Alice Delarue

- 15h40 - Un souffle qui vivifie, Dominique Jammet, AE
Discutant : Pierre-Gilles Gueguen

- 16h05 - Pour une éthique de la vérité, Damien Guyonnet, AE
Discutante : Omaïra Meseguer

- 16h30 - De la recherche de la vérité aux événements de corps indexant le réel en jeu, Marie-Claude Sureau, AE
Discutante : Angelina Harari

- 16h55 - Matériel-ne-ment, Sophie Gayard, AE
Discutant : Jacqueline Dhéret

- 17h20 - Parler et dire le faux dur le vrai , Eric Laurent
Discutant : Christiane Alberti

- 17h45 - CLOTURE


Samedi 23 janvier 2020 de 9h15 à 17h45 en visioconférence.

Tarifs :
- à titre individuel : 40 euros
- étudient (moins de 26 ans) et demandeur d’emploi : 20 euros

Inscription :
En ligne sur le site de l’Ecole de la Cause Freudienne

NB : Paiement par carte bancaire uniquement : le dispositif de visioconférence rend impossible tout autre mode de paiement. Aucun enregistrement ne sera transmis, l’inscription vaut pour une participation en direct à l’évènement.

Contact et renseignements :
01 45 49 02 68
ECF - secrétaire


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